Un mystérieux petit animal croise votre route : Je souhaite que tu passes un contrat avec moi. En échange, j'exaucerais n'importe lequel de tes voeux.
 

Partagez | 
 [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Mer 8 Fév 2017 - 13:50
Spoiler:
 


La cafétéria de l’université était un lieu bien étrange aux yeux d’Edward. Ce n’était pas un endroit où il passait beaucoup de temps, suffisamment cependant pour se faire une idée relativement claire à son sujet. C’était un lieu très souvent bondé de monde, bruyant au possible. Le blondin n’avait rien contre les gens de manière générale, mais sa timidité naturelle et ses moments d’absence tendaient à en faire un éternel solitaire. D’autant plus lorsque l’on savait qu’à la fac, il y avait à boire et à manger. Les étudiants qui peuplaient l’établissement venaient d’univers complètement différents, et une telle diversité avait tendance à intimider notre garçon, lui qui n’avait quasiment pas été en contact avec la société pendant près de trois ans du fait de ses cours à domicile avec Tyrande. Edward devait cependant reconnaître à l’université une ambiance bien meilleure que ce qu’il avait connu par le passé. En même temps, il n’était pas difficile de faire mieux que les établissements spécialisés pour élèves en difficulté. Ici, il n’y avait pas ou peu d’embrouilles, probablement à cause du fait que tous les étudiants qui suivaient des cours ici le faisaient de manière volontaire. La masse de personnes qui transitait dans le bâtiment permettait également de passer plus facilement inaperçu, fait qu’Ed’ appréciait tout particulièrement.

La raison principale pour laquelle le garçon au regard de jade n’aimait pas particulièrement la cafétéria était son désordre ambiant. A ses yeux, on aurait dit un chaos sans nom, entre les étudiants qui jouaient, ceux qui mangeaient ou encore qui essayaient tant bien que mal de travailler dans un coin, il n’y avait aucune cohérence. C’était une pièce fourre-tout, où l’on allait par défaut pour passer la pause de midi sans réel but. A l’opposé, les amphithéâtres étaient dédiés à l’apprentissage. Toutes les personnes présentes y faisaient la même chose, à l’unisson, en harmonie. Alors qu’ici… Edward fut parcouru d’un frisson en observant la grande salle dans laquelle il se trouvait. Même le décor n’était pas en accord avec lui-même. Beaucoup des meubles présents avaient perdu de leur superbe, rongés par le temps et l’usure, certains ayant même probablement été trouvés dans la rue par des étudiants vu leur état, et les murs étaient recouverts de graffitis et dessins divers, créations artistiques desdits étudiants, comme toute bonne cafétéria universitaire qui se respecte.

Ed’ avait terminé son déjeuner depuis plusieurs minutes déjà mais, perdu comme à son habitude dans ses pensées, il restait assis seul à une table dans son coin, à observer le monde s’activer autour de lui. L’adolescent était tellement occupé à réfléchir qu’il semblait plongé dans une espèce de stase, un vague sourire accroché à ses lèvres. Dans l’état, il n’entendait plus vraiment ce qui se passait et paraissait complètement déconnecté de la réalité, incapable d’interagir avec le monde extérieur. Et de toute façon, ce n’était pas comme si quelqu’un avait l’intention de venir lui parler…

Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Jeu 9 Fév 2017 - 18:52
Bosser à la fac’ n’était pas vraiment quelque chose qui lui arrivait. Il y avait bien des salles dans lesquelles les étudiants pouvaient s’installer tranquillement tant qu’elles n’étaient pas déjà occupées, mais généralement Gamaliel se dirigeait plutôt vers la bibliothèque, ou restait chez lui en fonction de ce qui était à faire. Du coup, s’il continuait à fréquenter les bâtiments alors que ses derniers cours s’étaient finis, ce n’était pas vraiment pour travailler son mémoire, même s’il pouvait décider d’organiser une ou deux rencontres avec son tuteur – qui le laissait se débrouiller seul dans le cas contraire.

 Les raisons de sa présence en ces lieux étaient multiples, mais en l’occurrence c’était la carte de l’alimentation qui avait jouée. Au lieu de rejoindre les locaux des associations étudiantes pour discuter, il s’était donc rendu dans la cafétéria, de manière à y déjeuner et prendre un repas à peu près chaud pour pas très cher plutôt que d’en préparer un chez lui. L’étudiant n’habitant pas trop loin, il était venu juste pour ça et comptait bien déguster quelque chose qui le changeait de d’habitude, comme l’un des burgers que proposaient la cafet’ avec des frites. C’était plus intéressant que les plats du restaurant universitaire, surtout considérant qu’il n’avait pas fait suffisamment d’excès au cours de la semaine pour devoir se priver.

 Arrivé à l’intérieur, il retrouva cette agitation particulière qui a lieu tous les jours à l’heure du déjeuner et rompt avec le calme qui règne lorsque l’on arrive dès l’ouverture, un peu avant la fin des cours, ou que l’on cherche à acheter quelque chose après que tout le monde ait déjà mangé – méthode qui ne permettait malheureusement pas vraiment d’avoir le temps de manger sur place ni de choisir son repas. Se dirigeant vers le comptoir pour se retrouver à la suite d’une petite file d’attente, il sortit son téléphone de sa poche pour regarder quelques informations qui ne lui servaient à rien, aucune nouveauté n’étant apparue sur ses réseau sociaux depuis la fin de la matinée, et fit ainsi passer le temps tout en réfléchissant en même temps au burger qu’il allait s’acheter.

« - Un burger et des frites, s’il vous plaît. » Commanda-t-il donc avant de donner l’argent correspondant.

 Le plat correspondait à ce que l’on pouvait attendre des américains – pas qu’il ait mis les pieds ailleurs dans sa vie – et était suffisamment copieux pour le rassasier habituellement. En plus, il n’était pas aussi cher que dans les restaurants ou les fast-foods alentours sans pour autant que la qualité ne soit inférieure – mais la variété pouvait ne pas être au rendez-vous. Rapidement servi puisque le personnel prédisait l’affluence des élèves, il ne resta plus à Gamaliel qu’à trouver une place pour manger. Scannant son environnement, il en repéra une ou deux qui restaient libres malgré la foule et allait se diriger vers celles-ci lorsqu’il remarqua autre chose : un étudiant isolé.

 En temps normal, il n’était pas vraiment du genre à aller discuter comme ça avec les gens qui restaient seuls. Après tout, ceux-ci pouvaient juste vouloir le rester, même s’il ne comprenait pas trop le principe. Cependant, il avait vu un documentaire sur l’exclusion à l’université et les difficultés d’intégrations que pouvaient avoir certaines personnes, ainsi que sur cette forme particulière de violence scolaire qui laissait un élève seul face à lui-même, isolé du reste de sa classe et de l’établissement. Le documentaire encourageait fortement les gens à aller discuter avec des personnes leur paraissant seules, tout en expliquant que c’était un comportement normal à avoir, qui était accepté généralement par les autres, mais qui était encore assez rare. Il décida donc de tenter l’aventure et se dirigea vers le blond.

« - Salut, je peux me mettre ici ? »

 L’autre avait l’air d’avoir fini de manger alors il espérait qu’il ne partirait pas tout de suite. S’il le faisait il aurait au moins gagné une place tranquille pour manger, même s’il n’accomplissait pas ce qu’il avait prévu. Et puis, tant que l’étudiant ne lui répondait pas négativement, il allait pouvoir s’asseoir.

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Jeu 9 Fév 2017 - 21:14


Et pourtant, quelqu'un vint bien lui parler. Concentré sur l'un des graffitis à l'exact opposé de la salle, le blondin ne le remarqua pas tout de suite. Il se demandait si la personne qui l'avait dessiné était un étudiant, et si oui, s'il faisait partie de cette université. Malgré l'atrocité que le dessin représentait, là, au milieu d'un mur qui n'avait rien demandé, Ed' devait reconnaître la qualité du trait. L'artiste qui en était responsable n'en était pas à son coup d'essai. Est-ce que l'université avait un cursus artistique, d'ailleurs ? Après tout, lui ne connaissait que le parcours de droit, mais rien n'empêchait la faculté d'avoir plusieurs spécialisations possibles. Mais il était également possible que le peintre en question n'ait jamais suivi de cours d'arts plastiques. Apparemment il existait beaucoup de personnes autodidactes dans bon nombre de domaines, bien qu'Edward n'ait jamais eu la patience ou la concentration nécessaires pour ce genre de choses. Ou encore peut-être qu'il suivait des cours à domicile, par correspondance ou sur le net. Là encore, c'était une chose qu'il était bien incapable de faire. Déjà que ses cours réguliers à la fac étaient une épreuve pour lui, mais alors si en plus c'était dans un contexte non scolaire, c'était même pas la peine d'y penser.


La seule personne a avoir jamais réussi à garder sa concentration pour des cours était Tyrande, son ancienne tutrice, qu'il n'avait plus vue depuis maintenant plusieurs mois. Le souvenir de ses cours avec la jeune femme lui fit se demande s'il croiserait un jour à nouveau le chemin d'une personne capable de le comprendre comme elle l'avait fait. Le blondin savait qu'il avait une personnalité un peu spéciale et qu'il n'était pas facile de s'adapter à lui, pour autant il regrettait parfois que si peu de gens aient essayé. Et en parlant de gens, l'un d'entre eux était justement en train d'essayer d'établir le contact. Edward réalisa que, divagant au fil de ses pensées, il avait complètement occulté la présence de ce nouvel arrivant et que cela faisait maintenant plusieurs secondes que celui-ci attendait une réponse de sa part. Le garçon plongea son regard de jade dans celui ambré de son interlocuteur et le dévisagea quelques instants en clignant des yeux. Une chose était sûr, il ne l'avait jamais vu à la fac. Non pas qu'il connaissait énormément de monde, mais le blondin avait une mémoire relativement bonne et il se serait souvenu de lui. Finalement, il inclina légèrement la tête sur le côté et lui adressa un grand sourire.


- Oui, bien sûr.

Edward profita de ce moment pour observer son nouveau compagnon. Il semblait plutôt jeune, bien qu'un peu plus vieux que lui, comme le prouvaient ses traits matures et surtout l'absence de l'air candide qui caractérisait si bien notre adolescent. Pour le reste, c'était un garçon tout à fait lambda à la corpulence moyenne et à la coupe plutôt bien en place. Fidèle à ses habitudes, Edward détourna le regard presque aussitôt après avoir répondu à Gamaliel, pour reprendre le fil de ses pensées à un endroit complètement différent de là où il l'avait laissé. D'ailleurs, n'étaient-ce pas là les premières paroles qu'il prononçait de la journée ?

Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Jeu 9 Fév 2017 - 23:52
L’étudiant était en train d’envisager sérieusement la possibilité de poser sa question une seconde fois pour avoir une réponse, puisque le jeune homme auquel il s’était adressé ne lui répondait pas. D’ailleurs, il avait tout simplement l’air de ne pas avoir remarqué sa présence du tout. Après tout, il fixait quelque chose – Gamaliel ne savait pas quoi – d’un air concentré et n’avait absolument pas réagi à son arrivée. Être concentré autant que cela lui semblait anormal mais, au moment où il commençait à s’apercevoir que quelque chose était peut-être en train de clocher, la tête blonde de son interlocuteur muet fut inclinée sur le côté et se vit parée d’un sourire auquel Gamaliel répondit naturellement en le copiant.

 Dès qu’il en reçut la permission, il s’installa juste en face du blondinet, le regardant un petit peu, pour s’assurer du fait qu’il avait capté son attention. Soulevant son burger, il planta ses dents dans celui-ci, en arrachant un morceau au passage. Il n’y avait pas encore de viande, juste un peu de sauce et une feuille de salade qui dépassait, mais il se sentait être en mesure de se régaler et était content de son achat. Le temps qu’il remonte les yeux sur la personne en face de lui, il s’aperçut qu’elle avait sans doute encore décroché. Cette personne était-elle vraiment l’une de celles que mentionnaient son documentaire, à ne même pas prendre la peine d’accorder plus d’attention que cela à qui l’aborde, à sentir qu’elle n’en valait pas la peine ? Ou pensait-elle au contraire qu’il était juste venu s’asseoir et n’avait guère d’obligations à son sujet ? Pour le savoir, Gamaliel se décida à lui poser une question, une fois son morceau avalé.

« - Et du coup, comment tu t’appelles ? Je ne pense pas t’avoir déjà vu ces dernières années. » Lança-t-il d’un ton qui se voulait donner l’impression qu’il lui posait machinalement la question.

 Il en profita pour sortir une bouteille d’eau de son sac et boire un coup. Mine de rien, manger gras et salé commençait déjà à lui donner soif. C’était un peu un plan diabolique pour être capables de vendre plus de boissons aux étudiants. Après tout, tout le monde savait que les canettes étaient vendues à moitié-prix dans les différentes associations et que la cafétéria de la fac était juste une perte d’argent à ce niveau-là.  Il prit une poignée de frites et en reposa la moitié dans l’assiette, histoire d’être capable de mordre dedans à peu près proprement et de ne pas en foutre partout. Il fallait dire qu’il n’avait pris qu’une petite dizaine de serviettes et que c’était le genre de plat pour lesquels elles servaient vraiment.

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Ven 10 Fév 2017 - 20:43

A l'instar de ses pensées, le regard d'Edward semblait ne pas pouvoir rester en place plus de quelques secondes. Il allait et venait, s'arrêtant de temps en temps sur un détail ici ou là, son attention totalement détournée de son nouveau camarade. Celui-ci sortit une bouteille d'eau et s'empressa d'y boire quelques gorgées. Il prenait un soin tout particulier à manger proprement, ce qui était suffisamment rare pour être souligné parmi la population étudiante, d'autant plus que le plat qu'il était en train de dévorer n'était pas des plus pratiques à absorber. Assez paradoxalement, son attitude calme et posée parvint à capter l'attention de notre blondin entre deux coups d’œil. Les autres étudiants étaient souvent bien agités en comparaison, d'autant plus à la cafétéria -à l'heure du déjeuner de surcroît. Edward se dit qu'il était assez étrange de choisir un plat aussi banal et populaire qu'un burger comme repas et de s'appliquer de la sorte à le manger. Il y vit ici une contradiction qui le fit légèrement tiquer, bien qu'il n'en montra rien. Bien trop occupé à le juger sur sa manière de manger son déjeuner, l'adolescent remarqua à peine les lèvres de Gamaliel s'agiter lors de sa seconde tentative de lancer une conversation, et inutile de préciser qu'il n'en entendit pas la moindre syllabe. Leurs regards se croisèrent de nouveau et Edward resta ainsi, pantois, ses pupilles olives clignant un peu trop vite. Au bout d'une seconde qui devait sembler durer une éternité pour le brunet, il finit par ouvrir la bouche.

- Pardon, tu me parlais ?

Il n'y avait pas une once de regret ou de gêne dans le ton sa voix. Edward ne considérait pas cela particulièrement impoli de ne pas ou peu écouter ses interlocuteurs. C'était une malheureusement habitude qu'il avait prise, dont il n'était pas vraiment responsable. Il avait été diagnostiqué avec une forme très légère d'autisme, qui lui causait ce trouble de la concentration. Ainsi, cela lui arrivait très fréquemment de rater tout ou partie de ce qu'on lui disait, et ce n'était pas un manque de respect ou une provocation, juste sa manière d'être. Sans vraiment attendre de réponse de la part de Gamaliel, le blondin enchaîna, laissant libre cours à son esprit en vrac.

- Ils sont bons les burgers ici ? J'en ai jamais pris. C'est marrant, t'as pas trop une tête à manger des burgers. D'ailleurs t'as pas vraiment une tête à être dans cette fac non plus. Plutôt un truc comme l'art contemporain ou la poterie. Enfin remarque, je suis pas sûr qu'on puisse avoir une licence en poterie. En tout cas moi je pourrais pas, je suis franchement pas doué de mes mains. En fait je suis pas doué pour grand chose. Y en a qui donnent l'impression que tout est facile, qu'ils savent tout faire tout de suite. Pas moi. C'est comme ça, il faut de tout pour faire un monde. C'est l'équilibre des choses. Toi, par contre, tu pourrais être hyper doué en quelque chose. Genre... La critique culinaire. C'est ça, j'ai bon ? Au fait, je m'appelle Edward.

Son débit était bien trop rapide. Sa tirade terminée, le blondin fit une pause pour reprendre son souffle. Il ne savait pas vraiment pourquoi il s'était lancé comme ça. Ce monologue était une représentation fidèle de ce qui se passait souvent dans sa tête : un flot d'idées imperceptiblement liées les unes aux autres, qu'il suivait sans se poser aucune question et qui au final l'amenait à un endroit totalement différent de son point de départ. Le truc, c'est que d'habitude, ce genre de choses se passaient dans sa tête...
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Dim 12 Fév 2017 - 0:41
Aucune réponse ne parvînt à ses oreilles, seul le son de la nourriture qu’il était en train de mâcher perturbait le brouhaha ambiant. Gamaliel se demandait pourquoi on ne lui répondait pas, et se retrouvait dans une situation assez gênante, n’ayant pas vraiment l’habitude d’imposer sa présence. Et puis, en général, quand on posait une question aux gens, ceux-ci prenaient au moins le temps de formuler une réponse, aussi pourrie soit-elle. Même si tout ce qu’ils désiraient étaient que leur interlocuteur aille voir ailleurs s’ils y étaient – et en profite pour saouler quelqu’un d’autre. Un soupir finit par s’échapper de ses lèvres, face à ce manque flagrant d’intérêt qu’on lui portait. Mais, malgré tout cela, le comportement auquel l’étudiant se retrouvait confronté était assez semblable à celui qui avait été décrié dans son documentaire, qui montrait comment ceux qui avaient été victime de cette forme de violence particulière qu’est l’exclusion scolaire ne tentaient même plus de communiquer avec les autres, et partaient du principe qu’ils étaient contre eux, qu’on leur pose ou non des questions. Tout à fait le genre de choses que Gamaliel avait du mal à imaginer, lui qui avait toujours été sociable même s’il avait tendance à se trouver un peu perdu au milieu des codes, des conventions, des personnalités et du politiquement correct, et qu’il dérapait encore quelque fois. Les relations sociales étaient une chose qui, si elles ne le satisfaisaient pas nécessairement,

 Finalement, la voix du blond résonna près de lui. Entre temps, il avait eu le temps de continuer à manger un petit peu plus, et ne pouvait plus réellement répondre puisqu’il avait la bouche pleine, ce qui n’était pas vraiment poli. Et, s’il n’était pas à cheval sur la politesse, il faisait tout de même attention lors d’une première impression – même s’il ne songeait pas vraiment à revoir cette personne plus tard vu le peu de discussion qu’elle avait. Cependant, avant qu’il ne puisse lui répondre, et répéter encore une fois sa question, la réponse vînt, de façon très particulière. Une somme d’information assez énorme s’abattu sur lui, sans qu’il ne soit capable de tout digérer. Le flot d’information aurait pu être digérable, mais elles étaient enchaînées beaucoup trop vite. Il réussit à comprendre des choses sur les burgers, sur la poterie, sur le fait que son interlocuteur n’avait pas l’air d’avoir beaucoup de sens commun par rapport à la faculté et qu’il s’appelait Edward. L’instant d’après, il avait déjà oublié la moitié de ce qu’il avait compris. Pour essayer de se souvenir au moins du prénom, il s’empressa de le réutiliser immédiatement.

« - Enchanté Edward, moi c’est Gamaliel. »

 C’était une réponse simple et claire. Facilement compréhensible. S’il fonctionnait comme à son habitude, en calquant un peu son attitude sur celle des autres et en agissant en fonction, il aurait dit plus et plus vite. Mais Edward n’aurait sans doute pas plus compris que lui-même. Surtout en considérant qu’il ne l’écoutait visiblement que de manière très diffuse – du moins avant sa tirade. Après avoir mangé une unique frite pour que son interlocuteur ait le temps de s’apercevoir qu’il lui parlait au cas où, il reprit en espérant qu’on lui prête de l’attention maintenant qu’on avait commencé à lui parler.

« - Du coup, Gamaliel Collins. En dernière année de master. Et pas dans la nourriture.»

 Il ajouta ce dernier point en s’appuyant sur ce dont il se souvenait du monologue du jeune homme, mais Gamaliel se demandait bien pourquoi il avait besoin de le préciser. Après tout, ce n’était pas comme si la faculté dispensait un cursus aussi professionnel que celui pour devenir cuisiner. Peut-être qu’il devait préciser tout ça.

« - Tu vois, mec, dans la fac’ de Palema il n’y a pas de cursus de cuisine. Tu as les disciplines des SHS, les disciplines des Sciences dures, les disciplines plus littéraires et artistiques. Mais dans l’ensemble, ça reste assez classique. Ah et tu as aussi de l’économie, du management, des trucs de ce genre-là. »

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Mar 14 Fév 2017 - 0:04

Animé d'une excitation qui ne lui était vraiment pas familière, Edward avait encore plus de mal que d'habitude à canaliser son esprit sur la réponse de Gamaliel, qu'il était d'ailleurs très clairement en train d'imaginer rédiger une critique sur les burgers de la cafétéria pour un magazine culinaire. Trop occupé qu'il était à se faire des films, l'adolescent rata donc bien évidemment la présentation de ce dernier, qui fort heureusement répéta son nom une seconde fois, comme pour s'assurer qu'Edward l'avait bien enregistré, ce qui était le cas après cette redite -enfin pour l'instant. Le garçon aux cheveux noirs avait-il déjà cerné sa nature versatile ? Quand bien même c'était le cas, il n'était probablement pas au bout de ses surprises.

-Je n'ai jamais parlé de cuisine, j'ai dit critique culinaire.

Le diable est dans les détails, dit-on. Et si la comparaison de notre blondin avec Lucifer semblait un peu exagérée, celui-ci avait également comme manie de reprendre les gens qui écorchaient ses propos. Une marotte assez gonflée lorsque l'on écoute soi-même pas la moitié de ce que les gens nous racontent. Et d'autant plus lorsque pour signaler cette broutille, on coupe outrageusement la parole de son interlocuteur. En effet, Gamaliel était au beau milieu de sa tirade sur les différentes spécialités de l'université au moment de l'intervention d'Edward, qui n'en parut pas le moins du monde gêné, étant donné qu'il l'avait déjà prise en plein milieu, n'ayant pas pu entendre le début parce que son regard était irrésistiblement attiré par deux étudiantes... Qui venaient de laisser les portes des deux micro-ondes à disposition dans la cafétéria pour réchauffer ses plats grandes ouvertes, juste après avoir récupéré les assiettes qu'elles y avaient mises.


Parmi les choses qui agaçaient le plus notre ado, les portes de placard ouvertes devaient avoir la pole position, talonnées de très près par celles de micro-onde. Il était évident, par design, que ces portes devaient être fermées après utilisation. Cela se voyait, une porte fermée c'était harmonieux, élégant, cela formait un tout. Ouvert c'était... Barbare. Cet outrage, non content de provoquer un frisson dans le dos d'Edward qui jeta un regard noir aux deux étudiantes, fut donc à l'origine de son intervention déplacée, mais surtout accapara à nouveau son attention loin de sa discussion avec Gamaliel, qui présentait pourtant déjà des signes avant-coureurs d'agacement, à l'image d'un soupir lâché quelques secondes plus tôt. Et après il s'étonnait encore de ne pas avoir beaucoup d'amis ?
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Mar 14 Fév 2017 - 22:05
La tirade que Gamaliel venait de faire au blondinet pour tenter de lui expliquer un peu plus la manière dont s’organisaient les différents cursus de l’université, ou plutôt quels domaines n’étaient aucunement abordés sur le campus, étant finie, il reporta son attention sur le hamburger. Cette fois, il prit soin pour dégager un morceau avec de la viande, en plus du pain avec quelques graines de sésame, de la salade, et du fromage, en croquant, de manière à être capable de ressentir toute la saveur de ce qu’il venait d’acheter, et de profiter au maximum de son argent. D’après l’étudiant, les burgers proposés par l’université étaient délicieux, même si leurs frites avaient tendance à être un peu trop salées à son goût. Son opinion n’était cependant guère plus construite que cela, pas suffisamment d’ailleurs pour qu’il puisse écrire le moindre article de critique culinaire sur ce qu’il était en train de manger, contrairement à ce qu’Edward semblait s’obstiner à vouloir lui faire faire s’il réfléchissait un peu à ce qu’il disait.

« - Je n’étudies pas la critique culinaire. Je serai d’ailleurs bien incapable de dire beaucoup plus que le fait que le hamburger que je mange est délicieux puisque la sauce va très bien avec la viande et que les grains de sésame du pain relèvent le goût de l’ensemble. Ce qui n’est absolument pas suffisant pour une critique culinaire. » Finit-il par lui répondre, en se demandant si cela changerait son opinion de lui.

 Avant de lui dire ça, il avait tout de même pris soin d’essayer d’attirer son attention vers leur discussion puisqu’Edward avait l’air d’avoir encore décroché puisqu’il regardait ailleurs. Gamaliel pouvait regarder ce qu’il y avait autour de lui et discuter, mais il n’était pas sûr – pas sûr du tout, même – qu’il en était de même pour son interlocuteur. Il avait donc fait un petit signe de la main, puis vérifié que le blondinet l’avait remarqué, avant de parler. Il lui semblait d’ailleurs qu’il se pouvait qu’il soit plus sujet à des problèmes liés à son attention qu’à une exclusion scolaire. S’il avait subi une telle expérience, il y aurait plus de chances qu’il soit fuyant qu’il ne réagisse comme il le faisait, en décrochant d’un moment à l’autre et en parlant à flots de temps à autres. Ce n’était pas vraiment l’attitude de quelqu’un qui avait peur de l’ouvrir.

« - Tu as des problèmes de l’attention ? » Décida-t-il donc de lui demander en lui tendant une frite au cas où il veuille la goûter.

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Mer 15 Fév 2017 - 21:44

Edward était comme hypnotisé par les deux micro-ondes dont les portes étaient ouvertes. Il ne parvenait pas à en détacher son regard, occultant tout ce qui l'entourait d'autre, incluant bien entendu le pauvre Gamaliel qui essayait tant bien que mal de tenir une conversation avec le blondin, sans grand succès jusqu'à présent. Celui-ci parvint tout de même à l'arracher de son irrépressible -et légèrement glauque- contemplation en alliant le geste et la parole. Son signe de main extirpa l'adolescent de ses rêveries, qui n'eut d'autre choix que d'écouter sa tirade sur les burgers. Bien que, en tout honnêteté, Edward n'avait pas grand chose à faire de savoir pourquoi ils étaient si bons -ses précédentes interventions n'étant que la formalisation d'une idée fugace qui avait traversé son esprit l'espace d'un instant, il écouta avec le plus d'attention dont il était capable. Conscient que son manque de considération envers Gamaliel risquait de lui faire perdre l'opportunité d'aller plus loin dans la discussion, il força ses yeux olives à fixer ceux de ce dernier jusqu'à la fin de son monologue.

Le silence s'installa de nouveau entre les deux garçons à la suite du laïus. Ed' cligna plusieurs fois des yeux, ne sachant trop s'il devait dire quelque chose ou pas. Il espérait que non, car il n'avait pas la moindre foutue idée ce que qu'il était censé rétorquer à ça, et la situation risquait donc fort de devenir gênante si Gamaliel attendait effectivement une réponse de sa part. Fort heureusement, cela ne semblait pas être le cas. Mais le flottement provoqué par cet instant de silence fut malencontreusement suffisant pour que le regard du blondin fasse un très léger détour par la case « micro-ondes », ce qui draina à nouveau son attention, au moment où l'adolescent aux cheveux noirs posait sa question, qu'il entendit de manière lointaine, comme si elle ne lui était pas adressée. Décidant que de toute façon, il ne réussirait pas à se contenir tant que ce problème subsistait, Edward se leva d'un coup avant de se tourner vers Gamaliel.

- Excuse-moi, je reviens tout de suite.

A grandes enjambées, Edward se dirigea vers la table où étaient disposées les racines de son malheur. D'un claquement sec, il referma les deux portes qui lui causaient tant de soucis, avant de s'arrêter net. Cela le frappa en même temps que la question de Gamaliel lui revint en tête : ce gars avait rapidement compris à qui il avait affaire, mais paraissait toujours vouloir discuter avec lui. Il allait devoir se montrer un peu plus avenant s'il ne voulait pas gâcher cette potentielle relation. Revenant sans attendre vers la table qu'il venait d'abandonner, Edward se tourna vers son compagnon du jour, lui adressant cette fois-ci le sourire le plus amical possible, la tête penchée sur le côté. Toujours debout, il prit la parole.

-C'est exact. Tu veux pas qu'on aille discuter dehors ?
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Jeu 16 Fév 2017 - 4:17
L’étudiant ne s’offusqua pas de ne pas recevoir de réponse de la part du blondinet, ni de voir sa frite ignorée, ayant fini par s’habituer au comportement du jeune homme et par accepter celui-ci comme il était, même si ce n’était sans doute pas tous les jours qu’il allait discuter avec lui – ou qu’il aurait le courage de le faire, plutôt. À la place, la frite qu’il tendait à Edward finit donc par trouver le chemin de son estomac et être de fait engloutie avec celles de ses consœurs qui avaient déjà subi le même sort. Même si plusieurs avaient disparues de son plateau repas depuis qu’il s’était installé, ce qui était facile à remarquer, il était loin d’avoir fini. Il trempa donc quelques-unes de ces frites dans une des sauces fournies par l’établissement, sans se soucier des calories que cela pouvait lui apporter – mais il n’était pas du tout le genre de personne à finir en surpoids, ne mangeant un tel plat qu’occasionnellement.

 Le fait qu’Edward le quitte temporairement pour fermer les portes d’un four à micro-onde qu’il ne savait même pas ouvertes ne lui posa pas plus de problèmes. Il avait décidé d’imiter celui-ci en ne mentionnant pas certaines choses et en se contentant de rêvasser et de penser à autre chose en attendant que celui-ci revienne. En l’occurrence, il venait de boire à nouveau un peu d’eau et commençait à se demander s’il ne serait pas intéressant de garder une partie de ce qu’il mangeait pour le repas du soir, au vu des rations toujours plus copieuses que servait la cafétéria. Pas qu’il se plaigne d’en avoir pour son argent. Le problème auquel il était confronté, c’était plutôt la réponse qui avait été fournie à la question de l’étudiant. Elle avait confirmé ce qu’il avait aisément deviné et qui était d’ailleurs à peu près évident en prenant le temps de regarder Edward quelques instants et en tentant de communiquer avec lui, mais elle avait soulevé une potentialité qui lui paraissait incongrue.

 Aller voir ailleurs ne le dérangeait pas outre mesure. Discuter dehors n’était pas une chose hors de ses capacités, et il pouvait très bien faire cela. Sauf qu’il était toujours en train de manger, lui. Et que ce qu’il avait pris n’était pas un plat à emporter, mais un plateau à déguster sur place, ce qui impliquait qu’il ne pouvait pas vraiment sortir de suite sans finir son repas. Ou, tout du moins, sans finir son hamburger. Les frites pourraient toujours être rangées dans un sac prévu à cet effet sans s’abimer, ce qui n’était plus le cas du hamburger, surtout depuis qu’il avait été croqué de toutes part. Fixant Edward, il répondit donc, non pas négativement, mais cherchant à lui communiquer le fait qu’il faudrait attendre.

« - Je veux bien, mais attends-voir que j’ai fini mon hamburger, s’il-te-plait. »

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Jeu 16 Fév 2017 - 20:26

Sa toute nouvelle dynamique positive en tête, Edward attendit patiemment la réponse de Gamaliel, toujours debout à côté de sa chaise. Il faisait tous les efforts du monde pour garder les yeux rivés sur le garçon, conscient que même s'il était empli de toute la bonne volonté du monde, il suffirait d'un souffle pour que son esprit retrouve ses torts et qu'il soit à nouveau une cause perdue. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle il avait proposé à son compagnon de sortir du réfectoire, pour s'éloigner de toutes les distractions qui pouvaient s'y trouver et trouver un endroit un peu moins fréquenté, où Edward aurait plus de chance de tenir toute une conversation. C'était également pour ça qu'il fallait que la réponse ne tarde pas, afin qu'ils ne traînent plus trop longtemps dans les parages.

Celle-ci arriva plutôt rapidement, mais pas sous la forme que le blondin espérait, puisqu'il lui demanda de patienter le temps qu'il termine son repas. La requête, bien que clairement justifiée, le prit de court. Motivé par sa résolution d'accorder à Gamaliel le crédit qu'il méritait, Edward n'avait pas imaginé que ce dernier ne partage pas son entrain. Il resta un moment interdit, ne sachant trop que faire, son esprit autiste ayant du mal à s'adapter à la situation. Au bout de quelques secondes, il reprit cependant son sourire et se rassit en face du garçon.

-Pas de soucis, bien sûr...

Prenant son mal en patience, Edward se mit à fixer intensément Gamaliel, ses yeux clignant à une fréquence un peu trop grande, tandis qu'il commençait à pianoter distraitement du bout des doigts sur la table. C'est fou comme le temps passe lentement lorsque l'on ne peut pas laisser son esprit divaguer...
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Ven 17 Fév 2017 - 2:33
Quelques secondes passèrent, pendant lesquelles Gamaliel commença à se demander si sa tentative avait ou non échouée, avant qu’Edward ne confirme qu’il allait attendre que l’étudiant ait fini son burger avant d’aller ailleurs – ce qui était tout simplement nécessaire si Gamaliel voulait être en mesure de se déplacer correctement et de manger. Cependant, il était possible de deviner que le blondinet était sans doute agacé et surpris à la manière dont l’impatience transparaissait dans son langage corporel, et communiquait le fait qu’il voulait sortir d’ici et n’attendait que cela, alors que quelques instants auparavant il était bien sagement installé dans la cafétéria, y restant même après avoir terminé son repas.

 Face à une telle situation, Gamaliel décida de se dépêcher encore un peu plus de finir ce met qu’il ne pouvait pas emporter et croqua encore quelques fois dans son hamburger, décrochant des bouchées qu’il était agréable de déguster mais dont il n’avait pas vraiment le temps de profiter pleinement puisqu’il se dépêchait pour éviter qu’Edward ne s’impatiente trop et se remette à réagir un peu aléatoirement alors qu’il semblait faire preuve de bonne volonté et apprécier l’intérêt que l’étudiant lui portait, pour autant que Gamaliel pouvait le comprendre. Quelques minutes passèrent ainsi, au cours desquels il était fixé intensément, ce qui perturbait l’étudiant, même s’il ne le mentionnait pas mais, au bout d’une ou deux nouvelles gorgées d’eau, l’aliment qui posait problème avait enfin disparu du plateau.

« - Attends encore trente secondes, je vais chercher un sachet pour les frites et on y va. » Indiqua-t-il à Edward, en se demandant si le message passerait comme il faut.

 Il se dirigea vers le comptoir où travaillaient les employés de la cafétéria et réceptionna sans grand problème un sachet pour emporter le reste de son plateau, et finir son repas sans difficulté. S’il arrivait à le finir, ce qui n’était pas nécessairement évident au vu de la ration pantagruélique qui lui avait été servie. Les frites prêtes à être emportées, il remit son manteau et repris la petite sacoche avec laquelle il était rentré dans la cafétéria et se tourna une fois de plus vers Edward, tout en se saisissant de son plateau, désormais vide.

« - Viens, on y va. »

 Joignant les gestes à la parole, il se dirigea vers la sortie de la cafétéria, en profitant pour déposer au passage son plateau à l’endroit prévu à cet effet, puis il ouvrit la porte de façon à pouvoir se retrouver dehors. Ne sachant plus vraiment quoi faire, surtout étant donné qu’il y avait également un peu d’agitation à l’extérieur puisqu’ils étaient encore à proximité de la cafétéria, il se demanda si Edward avait prévu d’aller à un endroit particulier. Plutôt que de le lui demander, il se tourna cherchant à vérifier si son camarade l’avait bien suivi et s’il avait l’air de se diriger vers un endroit en particulier. Ou de dire quelque chose.

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Sam 18 Fév 2017 - 17:54

Aux yeux du blondin, Gamaliel était en train de mettre le plus de temps possible pour terminer son burger. C'était la seule explication... Intérieurement, Edward bouillonnait. Il n'avait vraiment pas l'habitude de devoir rester concentré aussi longtemps sur le même sujet, qui plus est alors qu'il devait attendre que quelque chose se produise. Lui qui était tout le temps dans la lune, son esprit occupé à voguer d'idée en idée sans discontinuer se retrouvait dans une situation qui lui était très inconfortable. L'espace d'un instant, il songea carrément à laisser son camarade du jour planté là et aller se poser à l'extérieur dans un carré d'herbe comme il l'avait prévu à l'origine. Et puis une petite voix dans sa tête lui rappela qu'il s'était engagé à faire un effort pour cet inconnu qui lui-même s'était donné la peine de s'intéresser à lui. Aussi il ne bougea pas, faisant de son mieux pour dissimuler l'impatience qui le dominait depuis quelques minutes maintenant. Ainsi, à l'exception de ses doigts pianotant distraitement sur la table, il ne montrait aucun signe extérieur d'exaspération.

Finalement, le garçon aux cheveux noirs reprit la parole, tirant à son homologue blond un regain d'intérêt qui s'exprima sous la forme d'un redressement de sa colonne vertébrale alors qu'il tendait l'oreille, qui commençait à sérieusement traîner ailleurs que sur sa conversation actuelle. Lorsqu'Edward comprit que ce n'était toujours pas le signal qu'il attendait pour qu'ils quittent cet endroit, le contrecoup fut cette fois-ci un peu difficile à dissimuler. Ses épaules s'affaissèrent presque imperceptiblement et il lâcha un très discret -mais néanmoins audible- soupir. Il acquiesça d'un signe de tête lorsque Gamaliel l'informa qu'il allait chercher de quoi transporter le reste de son repas avant de se jeter dans le fond de son siège, regard braqué vers le plafond, sentant qu'il atteindrait bientôt ses limites s'ils ne débarrassaient pas rapidement le plancher. Fort heureusement pour lui, son compère revint rapidement et lui intima de le suivre, exauçant ainsi son vœu.

-Avec plaisir.

Le fin sourire qui se dessinait désormais sur le visage d'Edward traduisait le soulagement qu'il ressentait à l'idée qu'il serait bientôt dehors. Se levant à son tour, il emboîta le pas de Gamaliel et ils se dirigèrent vers la sortie, ce dernier déposant son plateau sur un chariot au passage. Pour le coup, le garçon aux cheveux d'or avait une idée relativement précise de là où il voulait aller : A l'extérieur, dans un espace vert qui se situait au sein de l'université et qui était généralement tranquille. Voyant que son compagnon du jour ne savait pas très bien vers où il dirigeait ses pas, il prit les devants et lui indiqua une porte qui menait vers le dehors d'un signe du menton. Les deux acolytes traversèrent ainsi quelques couloirs pour se retrouver à l'endroit qu'Edward avait en tête. Celui-ci alla s'installer à l'ombre d'un arbre, adossé contre son tronc et inspira une goulée d'air frais qui lui fit un bien fou.

-Ça te va si on se met ici ? J'ai encore une bonne heure avant de reprendre les cours, et toi ? Alors comme ça, ça se voit tant que ça que j'ai des problèmes d'attention ?

Il lâcha un petit rire joyeux et franc, quoique fugace, signe qu'il commençait à se sentir un peu plus à l'aise. Le coin où il avait emmené Gamaliel était une petite cour coincée entre deux bâtiments de l'université avec un grand carré d'herbe au milieu duquel trônait un saule pleureur, le tout agrémenté de quelques bancs et quelques buissons. Apparemment peu de gens connaissaient ce lieu puisque l'adolescent se retrouvait très souvent seul lorsqu'il y allait. C'était pour cette raison en particulier qu'il avait choisi cet endroit, pratiquement dépourvu de distractions.
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Mar 21 Fév 2017 - 1:45
Lorsque Gamaliel croisa le regard du blond, il s’aperçut que celui-ci semblait effectivement avoir une idée de l’endroit vers lequel ils pouvaient se diriger, ce qui n’était pas surprenant lorsque l’on considérait le temps qu’il avait pensé à attendre de pouvoir sortir du bâtiment. Un léger hochement de tête qui semblait indiquer quelque chose, des pas se dirigeant vers un endroit précis… il n’en fallait pas plus pour qu’il le suive même s’il se demanda un instant si le jeune homme n’était pas capable d’oublier le chemin si son attention était captée par autre chose, digne de son intérêt à lui et le distrayant. Au vu de la discussion qu’il avait eu avec Edward, l’étudiant était en droit de se demander si, effectivement, ils arriveraient bien à l’endroit prévu. Sauf qu’étant donné qu’il n’avait pas choisi le lieu dans lequel ils pourraient de nouveau converser, il n’avait que faire de celui dans lequel ils converseraient effectivement. Ce qui n’était peut-être pas le cas pour son compagnon.

 Le trajet fut fort silencieux, mais Gamaliel ne voulait pas risquer d’interrompre le blond dans ses pensées en intervenant et en discutant, surtout en considérant qu’ils auraient le temps de le faire une fois arrivés. Il décida donc d’observer un peu plus celui avec lequel il était, histoire d’être sûr de se souvenir de lui – ce qui ne devrait pas lui poser de problèmes mais sait-on jamais – et de considérer un peu plus en détail le fait qu’il communiquait avec quelqu’un ayant clairement un déficit de l’attention, ce qui ne lui était jamais vraiment arrivé auparavant et se révélait être tout une épreuve au final, puisqu’il chamboulait la plupart des codes sociaux que Gamaliel avait accepté comme instinctif, ce qui le mettait un peu mal à l’aise quant à l’image qu’il pourrait donner de lui à d’autres personnes s’il ne prenait pas en compte l’existence de ce genre de comportements auxquels il n’était nullement habitué. Il aimait bien pouvoir se caler sur ce que faisait autrui pour faire ses propres actions en fonction du message qui lui était renvoyé, et en tentant de ne pas trop aller à l’encontre de son opinion ou de ses convictions, mais là il était un peu plus difficile de manœuvrer. Puisqu’il s’était aperçu que celui appréciait suffisamment leur échange pour faire l’effort d’y répondre et de chercher à le continuer ailleurs il n’avait sans doute pas à s’en faire, mais beaucoup de personnes auraient décroché plus tôt, ce qui était assez triste.

« - Ca me va. » Indiqua-t-il lorsque les pas d’Edward se stoppèrent, le tirant de ses pensées et qu’il regarda celui-ci s’installer contre un saule dans l’une des petites cours qui étaient assez nombreuses entre les bâtiments universitaires, administratifs ou non, et qui étaient toujours verts. Il faisait bien un peu frais mais, puisqu’il n’y avait pas de vent et que le soleil brillait, ce n’était pas grave.

« - Je n’ai plus vraiment cours, je ne suis venu que pour le repas, et peut-être aller travailler un petit peu sur mon mémoire dans les locaux d’une association. »

 Ce qui voulait entre autres dire qu’il pourrait sans problème rester là une heure, et qu’il n’avait aucune obligation, même en dehors des cours. Pourtant, le semestre précédent il aurait sans doute dû s’excuser vu qu’il avait souvent cours très tôt dans l’après-midi ces jours-là. En quelques semaines, le rythme auquel il s’était habitué pendant un peu moins de cinq années dans l’enseignement supérieur avait volé en éclat et il se retrouvait désormais avec plus de temps libre qu’il n’en avait besoin, ce qui explique sans doute qu’il se soit mis à la peinture. Portant sa main au menton dans une posture de réflexion, il entreprit de délivrer la réponse à la dernière question qu’on lui avait posé.

« - Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Après, il faut naturellement prendre le temps de regarder correctement quelqu’un pour voir sa figure et son nez. Donc je suppose que ça peut passer inaperçu si les gens ne font pas attention à toi. Qu’est-ce que tu étudies, d’ailleurs ? Ça doit être assez compliqué pour les cours non ? »

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Mar 21 Fév 2017 - 23:43

Gamaliel approuva la localisation et les deux garçons s'installèrent donc dans ce carré d'herbe qui avait un petit côté salvateur après l'agitation de la cafétéria. Même s'il était plus ou moins immunisé contre la foule, capable de se plonger dans un état d'ataraxie pratiquement à la demande -parfois involontairement même, Edward savait que l'effervescence ambiante n'était pas une bonne chose pour sa situation sociale, mettant à mal son esprit désorganisé et lui donnant toutes les peines du monde à converser avec quiconque. Aussi le brin de tranquillité que leur offrait cet endroit était plus que bienvenu. Cela lui permettrait d'en apprendre un peu plus sur ce garçon aux cheveux noirs qui était venu à lui, et qui sait, peut-être parviendrait-il lui même à participer à la conversation ?

La bonne nouvelle c'était qu'a priori, Gamaliel avait au moins autant de temps que lui. Il était plus que probable que les deux compères ne consomment pas tout le temps qui leur était disponible, mais au moins ils pourraient discuter un peu. C'est d'ailleurs ce que le peintre en herbe s'empressa de faire en répondant à sa question semi rhétorique par une autre question, soulignant au passage un fait qui tira un sourire en coin à Edward. Effectivement, il fallait lui prêter attention pour se rendre compte de sa différence. C'était l'une des raisons pour lesquelles le garçon n'était pas du genre avenant et qu'il restait souvent en retrait par rapport aux autres. S'ils ne le connaissaient pas, il n'était à leurs yeux qu'un autre gars timide. Cela lui allait bien.

La question de Gamaliel provoqua un petit rire chez le blondin, alors qu'il se demandait si ce dernier pourrait vraiment comprendre ce qu'il ressentait par moment. Ce picotement qui lui parcourait l'échine, lui hurlant de regarder ailleurs, de penser à autre chose. Et de manière contradictoire, sa capacité à se concentrer sur le plus petit détail, pendant un moment éphémère mais suffisant pour briser son attention. Ce sentiment qu'il avait que rien n'était important, qu'il y avait toujours quelque chose de plus intéressant à regarder. Que ses pensées étaient un flux continu qu'il ne fallait pas figer telle une image sur du papier photo, mais laisser suivre son cours, comme il était précisément en train de le faire à l'instant, son esprit s'égarant, se détachant petit à petit de la conversation qu'il était supposé tenir. Edward parvint dans un éclair de lucidité à se rappeler que Gamaliel lui avait posé une question et, après plusieurs secondes sans réaction finit par lui répondre.

-J'étudie le droit. C'est clairement pas facile tous les jours, mais à force on s'y fait. Je compense comme je peux à la maison. C'est pas comme si j'avais beaucoup d'autres choses à faire. Et toi, tu fais quoi ? C'est sur quoi ton mémoire ? Pas sur la critique culinaire j'espère parce que t'avais pas l'air très fort...

Non, il n'y avait aucun moyen pour que Gamaliel comprenne ce qu'il se passait dans sa tête. Si seulement lui-même pouvait y arriver, ce serait déjà un miracle.
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Ven 3 Mar 2017 - 1:31
Suite à la réflexion de Gamaliel, une réaction incongrue se produisit, sous la forme d’un évènement qui aurait pu le choquer venant d’autres personnes, mais qui semblait anodin lorsque l’on considérait Edward, même si l’étudiant n’en savait pas beaucoup à son sujet. Le rire qu’il entendit en lieu de réponse à sa question fut donc ignoré par le jeune homme qui entreprit à la place de jouer un petit peu avec les brins d’herbe qui avaient déjà pointé le bout de leur nez, les enroulant autour d’un de ses doigts pour les dérouler, en attendant de laisser au blond le temps de réagir. S’il ne le faisait pas, il réitérerait une ou deux fois sa question histoire de lui arracher une réponse. Puisqu’apparemment c’était comme cela que celui-ci fonctionnait.

 S’il devait rédiger un mode d’emploi sur Edward, Gamaliel se serait contenter d’écrire quelque chose du genre ‘Ressayez jusqu’à ce que cela marche sans vous décourager’. Ca, et s’assurer de faire en sorte d’attirer l’attention de celui-ci avant de commencer à parler, histoire de maximiser les chances d’être effectivement attendu. Sa patience toucha d’ailleurs à sa fin sans qu’il n’ait besoin de se répéter puisqu’il reçut une réponse assez décousue mais qui contenait sans doute l’essentiel de ce qu’il avait demandé – et même un peu plus, comme un panache. Gamaliel n’était pas vraiment en mesure de saisir la complexité que pouvait réellement représenter le manque de capacité d’attention d’Edward ni les efforts nécessaires pour le compenser alors il se contenta de hocher la tête face à ce qu’on lui disait, sans en chercher plus malgré son naturel curieux. À la place, il se concentra sur le fait qu’il était poli et que les gens qui respectaient les bonnes manières répondaient aux questions. Et le faisaient en évitant les réflexions qui accompagnait ces questions.

« - Je voudrai t’y voir à critiquer soudainement un burger sans y être préparé. » Lança-t-il sur le ton de la plaisanterie, ne respectant absolument pas ce qu’il était en train de penser jusqu’alors. Se ressaisissant, il s’assura que le blondinet l’écoutait bien – pas comme d’autres fois – et décida de finalement dévoiler ses réponses.

« - Je fais des études en études du genre. »

 Il ne savait pas bien si Edward comprenait ce dont il s’agissait mais en sachant par contre pertinemment bien qu’il n’avait pas à s’engager dans des envolées lyriques et des descriptions dignes d’un thésaurus s’il voulait que son interlocuteur écoute et comprenne tout ce qu’il disait. Il serait toujours temps donner plus d’explications lorsqu’on les lui demanderait. Pour l’instant, il devait s’arranger pour décrire son sujet sans entrer trop dans les détails mais en restant tout de même compréhensible. Et ça, ça n’allait pas être simple.

« - J’ai une thématique qui est à mi-chemin entre la littérature et l’histoire donc j’étudie un corpus de textes pour y déceler des dynamiques dans l’évolution de la conception du genre dans les arts du roman et le journalisme, et, par proxy, dans la société. »

 L’étudiant avait tenté, mais il doutait un peu du résultat face à quelqu’un qui n’était pas au cœur des mêmes considérations que lui, et qui ne dépendait pas non plus des même méthodes de travail et façon de penser, en considérant l’éloignement que ce qu’il faisait pouvait avoir avec les cours de droit d’Edward.

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Lun 6 Mar 2017 - 13:41

Comme si le brin d'air frais procuré par le carré d'herbe qu'ils avaient rejoint avait déjà eu un effet sur les deux adolescents, l'atmosphère un peu gênante qui s'était instaurée entre eux semblait petit à petit laisser sa place à une ambiance beaucoup plus décontractée, presque complice. Le mot était probablement un peu fort au vu de la situation, mais pour Edward, cette conversation était déjà allée bien plus loin qu'une grande majorité de ses interactions sociales. Les deux compères avaient pour l'instant réussi à trouver un équilibre entre la patience de Gamaliel et ses propres efforts de concentration pour maintenir à flots une discussion pourtant bien mal engagée.

Son compagnon du jour ne sembla pas se formaliser de sa petite pique humoristique. Au contraire, il en rajouta même une couche en se défendant, arguant qu'une critique sans préparation préalable n'était pas chose aisée. Edward n'eut d'autre choix que d'y convenir, inclinant légèrement la tête sur le côté en souriant et en fermant brièvement les yeux.

-C'est pas faux...

Gamaliel ne sembla pas vouloir insister sur les problèmes de concentration du blondin, ce qui lui allait parfaitement. Ce n'était pas un sujet de conversation qu'il affectionnait particulièrement, les questions qu'on lui posait à son propos étant souvent embarrassantes. D'une part parce qu'il était extrêmement difficile pour Edward d'expliquer comment sa maladie l'affectait, ce à quoi il pensait ou ce qu'il ressentait, d'autre part parce que ces interrogations débouchaient régulièrement sur d'autres concernant son obsession de l'équilibre et les tocs qui en découlaient, et qu'en parler lui donnait l'impression de s'ouvrir bien plus qu'il ne le souhaitait à l'autre, de le laisser entrer dans un espace personnel que non seulement il ne comprendrait pas, mais qui ne le concernait pas non plus.

Heureusement pour son petit jardin secret, le garçon aux cheveux noirs préféra axer la discussion sur sa question concernant le sujet de son mémoire. Sa réponse perturba cependant beaucoup le blondin. Il faisait des études en... études ? Reprenant ses mauvaises habitudes, Edward se focalisa sur la première partie de la phrase, qui lui posait soucis, en occultant tout le reste des explications qui lui aurait permis d'en comprendre un peu plus. Au lieu de cela, il bloqua son cerveau sur ce bout d'énoncé sans queue ni tête. Des études en études... C'était assez original comme dénomination. C'était un peu comme prendre des cours pour apprendre à en donner. En regardant -à défaut d'écouter- Gamaliel parler, l'adolescent songea qu'il avait tout à  fait le profil à étudier la pédagogie, ou plus simplement dit à devenir professeur. Il semblait plutôt à l'aise à l'oral, avait l'air de savoir donner des explications et avait déjà prouvé aujourd'hui qu'il était plutôt patient.

-...et, par proxy, dans la société.

Oupsi... En remarquant que le silence s'était à nouveau installé entre eux, Edward grimaça intérieurement. Ses pensées sur la sémantique de la discipline de Gamaliel avaient duré tout le temps de ses explications, auxquelles il n'avaient par conséquent rien suivi. Ce dernier attendait désormais sûrement une réponse de sa part, ou a minima une réaction. Le garçon aux yeux de jade n'eut pas d'autre choix que de répondre quelque chose de passe partout, extrêmement orienté par ses précédentes divagations.

-Oh, d'accord... Et c'est pour faire quoi ensuite ?

En espérant bien sûr que le léger délai précédant sa réponse ne le trahisse pas...
Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Mar 14 Mar 2017 - 0:26
L’une des choses auxquelles Gamaliel était habitué lorsqu’il parlait de ses études ou de son mémoire à ses proches ou à des connaissances était que celles-ci décrochaient. Il ne put donc pas vraiment éviter de s’apercevoir que son nouvel interlocuteur de la journée avait encore une fois le regard un peu lointain de celui qui était perdu dans ses pensées et n’écoutait plus ce qu’on lui disait. Certains se seraient sentis agacés, ou auraient pu se retrouver meurtris dans leur amour propre pour un tel manque d’attention envers ce qu’ils faisaient, mais Gamaliel était assez indifférent à l’attention d’Edward. Il ne vivait pas pour celle-ci, et n’avait pas besoin de celle-ci, surtout qu’il savait déjà que, malgré ses problèmes, le jeune homme était enclin à discuter – ou en tout cas à avoir un semblant de discussion unilatérale. Peut-être que recentrer le sujet sur lui, ce qu’il faisait, ce qu’il appréciait ou ce qui le dérangeait serait à même de canaliser l’attention de celui-ci, qui se retrouverait obliger de débiter un flux ordonné de paroles – et donc de savoir ce qu’il faisait. Mais ça n’était pas une option pour l’étudiant puisque son comparse lui avait posé une question, et que l’on répondait toujours aux questions, en essayant de sourire, d’ailleurs. Essayer parce qu’un rayon de soleil, qui commençait d’ailleurs à pointer le bout de son nez de derrière quelques nuages blanchâtres, venait d’aller à la rencontre de son œil et de lui arracher une petite grimace pendant que celui-ci se fermait face au trop plein de luminosité.

« - Je ne suis pas sûr, je verrai bien. Je veux juste un emploi de cadre basique. »

 Puis, posant l’un de ses doigts sur ses lèvres dans une gestuelle qui accompagnait sa pensée, se structurant alors dans un exercice de réflexion au lieu de rester dans une bouillie de pensée pure dont on ne tirait pas grand-chose – ou alors qu’occasionnellement – qui lui indiqua qu’il pourrait être utile de se répéter. Lorsque l’on voulait faire passer une information, être pédagogue, il fallait répéter plusieurs fois ce qu’on voulait que l’élève retienne pour aider celui-ci dans son processus d’apprentissage. La même chose devait pouvoir s’appliquer ici, donc il reprit.

« - Être cadre, avec un travail de bureau, ça me plairait bien. Juste les postes bateau que l’on peut décrocher avec une maîtrise. »

C’était là tout ce qu’il avait prévu pour son avenir. Ni plus, ni moins. Les gens avaient tendance à se débrouiller et à trouver de quoi vivre, c’était là une observation empirique de ce qui l’entourait. Il n’avait donc qu’à faire pareil que tout le monde et trouver un moyen de subvenir à ses besoins. Certains, qu’il ne jugeait pas, se retrouvaient obligés de tremper dans certaines des affaires assez louches du quartier sud. Lui ne se retrouverait sans doute pas dans une telle situation, donc il n’était pas encore désespéré au point de réfléchir attentivement à son futur, celui-ci lui semblant naturellement être plutôt clément.

« - Et toi, pourquoi est-ce que tu fais du droit ? J’imagine que ce n’est pas pour l’amour du métier de cadre supérieur, vu la filière, si ? »

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Mer 15 Mar 2017 - 20:22

Si la répétition est, comme le dit le dicton, la base de l'enseignement, Gamaliel venait de corroborer sa théorie selon laquelle il allait finir professeur. Le garçon aux cheveux noirs répondit à la question que lui avait posée Edward en lui indiquant qu'il pensait devenir cadre, faire un boulot peinard sans trop de fioritures. Celui-ci fit -pour la énième fois de la journée, qui s'avérait être plus épuisante que prévu- de gros efforts pour écouter la réponse de l'intéressé jusqu'au bout. Il ne voulait plus avoir à s'en tirer avec des pirouettes, trouver des réponses toutes faites parce qu'il n'écoutait pas. D'une part, c'était gênant pour lui, bien que d'ordinaire ce n'était pas le genre de détails auxquels le blondin faisait attention, et d'autre part, c'était plutôt impoli de sa part et il ne voulait pas passer pour quelqu'un de grossier auprès de celui qui avait fait l'effort de l'aborder.

D'un geste du doigt en direction de ses lèvres, Gamaliel lui indiqua qu'il n'avait pas terminé son laïus, prenant ainsi une posture de réflexion. Ce mouvement, aussi mesuré fut-il, donna un nouveau coup de fouet à l'attention de son homologue aux yeux verts, qui écoutait toujours plus attentivement. La suite des réflexions de l'étudiant en études de genre ne fut finalement qu'une répétition de sa première sentence, comme un écho qui se répercuta dans l'esprit mouvementé d'Edward. Le compagnon de ce dernier avait visiblement compris comment s'assurer -autant que faire se peut- que les informations qu'il énonçait transitent jusqu'au cerveau du blondin, faisant une nouvelle démonstration de sa patience en s'appliquant à répéter ce qu'il venait de dire.

Edward se prit à réfléchir à cette ambition. Contrairement à ce que semblait insinuer Gamaliel, il serait certainement satisfait d'un point de vue personnel de faire un travail de cadre « bateau ». C'étaient des emplois qui ne nécessitaient pas forcément une concentration à toute épreuve, ce qui lui permettrait de vivre son handicap de manière relativement plus sereine. Après, il ne fallait mieux pas qu'il soit à la tête d'une équipe, étant donné ses lamentables compétences en communication. Mais dans l'ensemble, un boulot calme et assez peu mouvementé lui plairait. C'est alors que son partenaire lui posa la question qui fâche : pourquoi lui, il avait choisi le droit. Le blondin resta inerte pendant un bon moment avant de répondre.

Que pouvait-il dire ? Il n'allait quand même pas déballer toutes ses conneries d'équilibre et d'harmonie à un type qu'il connaissait à peine, si ? La seule raison pour laquelle Edward avait choisi cette voie, c'était pour devenir juge et essayer d'avoir un tant soit peu de poids dans l'immense balance de l'univers. Ce n'était pas vraiment une raison qu'il était prêt à admettre. En tout cas pas si tôt. Quel est le problème, me direz-vous ? Le problème était que s'il divulguait ne serait-ce qu'un ersatz d'information à ce sujet, cela risquait de déboucher sur d'autres questions qui elles, deviendraient plus gênantes. L'adolescent avait tellement pris l'habitude d'être jugé à cause de sa maladie et de son comportement qu'il commençait à voir le mal partout.

-Hum... Je crois que j'ai choisi cette voie parce que je crois encore en ce système. Et que j'aimerais bien faire respecter la loi et régner la justice. C'est un peu bidon je sais ahah...

Son rire sans joie tentait vainement de cacher son manque de conviction. En parlant, le blondin s'était adossé à son arbre et avait rejeté sa tête en arrière, fixant le ciel d'un air rêveur, protégé des rayons du soleil par les branches du saule pleureur. Une demi-vérité en valait bien une autre...


Voir le profil de l'utilisateur

Invité
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Mar 4 Avr 2017 - 1:47
Sachant pertinemment qu’un décalage allait sans doute survenir entre la question qu’il venait de poser et la réponse qui allait suivre, l’attention de Gamaliel se reporta ailleurs que sur son interlocuteur. C’était aussi un moyen de l’imiter un peu, histoire d’être sûr de ne pas le déranger en le regardant trop, ce qui serait dommage en fait. Laisser son regard errer autre part était bien mieux dans une telle situation surtout vu qu’il semblait tout bonnement admis qu’Edward ne se formaliserait pas d’un tel comportement – ce que le jeune homme n’aurait jamais fait avec certaines personnes, pour éviter des problèmes pouvant survenir. Sa vie, c’était un peu ça, d’éviter les problèmes jusqu’à ce qu’il y en ait un qui lui tombe inévitablement dessus. Et c’était pareil pour les autres, donc c’était normal et ça allait.

 Mais tous n’étaient pas capables d’échapper à la puissance foudroyante d’entités supérieures s’opposant à leur volonté et à tous les efforts qu’ils pouvaient déployer pour vivre tranquillement. En tout cas, ce n’était pas le cas du petit brin d’herbe qu’il venait d’entortiller suffisamment de fois autour de son doigt pour que celui-ci vienne à se rompre, les ligaments ne résistant pas à la pression qu’il exerçait dessus. Aucune conscience n’habitait le pauvre végétal, mais celui n’avait pas eu le choix. Tout comme Gamaliel n’aurait pas le choix s’il voulait se débarrasser de cet arbre devant lui. Il serait obligé de recourir à autre chose que ses mains, de se servir d’un outil pour venir à ses fins. Et dans le cas où ces fins étaient de l’entortiller, ça allait s’avérer délicat à moins qu’il ne se contente de la représentation de l’arbre dans son imagination. Et tout ça, jusqu’au moment-là, ce n’était qu’histoire de petit devant plus gros, plus imposant.

 Il releva la tête vers le blondinet à ce moment là parce que celui-ci se mettait à parler. Et qu’il écoutait les gens lorsque ceux-ci s’exprimaient, encore plus lorsqu’il était en plein milieu d’une conversation avec ceux-ci. Surtout étant donné qu’il n’était probablement pas capable d’imiter Edward au point de ne pas comprendre ce que celui-ci le disait pour cause de tête dans la lune, maladie assez courante chez les humains en tout genre, mais tout de même pas à ce point-là. En tout cas, pas chez lui – et observer les autres semblait indiquer qu’ils n’étaient pas à un stade aussi avancé.

« - Ahah, ouais un peu bidon mais c’est pas grave. C’est comme ça pour tout le monde, de toute façon, rien qui en vaille jamais vraiment la peine à cette période de nos vies. Sauf exception. »

 Mais ouais. Les idéals de loi et de justice, c’était du n’importe quoi. Rien que Gamaliel ne soutienne, en tout cas. Après, il était tout de même vrai que c’était beau de croire à tout ça et à se laisser bercer par toutes ces sornettes. Des fois, il regrettait même le fait de ne pas vraiment réussir à le faire, vu que ça pourrait potentiellement le mettre sur la voie d’une passion intéressante, de sentiments forts et prenants qui vous engloutissent la vie dans une étincelle de sublime, à la Schopenhauer.

Messages : 215
Wishes : 56

avatar
N-Choisi
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Dim 9 Avr 2017 - 18:51

A l'écoute du commentaire de Gamaliel sur ses aspirations, ou en tout cas sur ce qu'Edward avait décidé de lui donner comme ambition, ce dernier se fit la réflexion qu'il avait bien fait de ne pas lui révéler le réel but qu'il avait imposé à son existence. En effet, son compagnon du jour marqua un petit rire semblable au sien avant de corroborer ses propos. Ainsi, l'objectif du blondin était « bidon ». Edward ne pouvait en vouloir à l'étudiant pour sa franchise, d'autant plus qu'il avait lui-même employé ce terme, cependant il ne put s'empêcher de ressentir un léger pincement au cœur lorsqu'il l'entendit de la bouche de Gamaliel.

Celui-ci ajouta que les aspirations des jeunes gens comme eux étaient souvent dénuées de sens, qu'elles ne valaient pas vraiment la peine. Le garçon à la crinière dorée accusa à nouveau le coup en silence, tâchant de ne rien montrer de ses sentiments à son homologue alors qu'un rictus discret se mit à déformer sa bouche. Pourquoi cherchait-il autant à dissimuler ce qu'il ressentait ? Bonne question... Depuis le temps, Edward avait compris qu'il avait une façon de penser assez singulière et que bien souvent les gens n'arrivaient pas à le suivre -même dans les rares cas où ils y mettaient de la bonne volonté. De plus, il n'avait pas l'habitude de mener des débats et n'était clairement pas un maître de l'exercice, alors peut-être voulait-il simplement se protéger de voir ses convictions mises à mal ?

-Tu as sûrement raison...

La tête toujours reposée contre le tronc du saule qui ornait la cour dans laquelle ils s'étaient réfugiés, l'adolescent ferma les yeux et songea à ce que Gamaliel venait de lui dire. Et si, après tout, ses délires sur l'équilibre de l'univers, la balance du bien et du mal et tout ça, c'était vraiment du bullshit ? Et s'il avait raison et que ses idéaux n'en valaient pas la peine. Alors quoi ? Edward n'avait pas révélé l'ensemble de ses croyances pour ne pas se mettre à nu, pourtant voilà qu'il était tout de même en train de douter. Ces pensées le suivaient depuis qu'il était gamin. C'était son leitmotiv, la seule chose qui le faisait avancer. Il ne pouvait pas aussi facilement les remettre en cause à chaque fois qu'un sceptique lui disait que la justice était une chimère.

Les sourcils du blondin se froncèrent légèrement tandis qu'il laissait ses pensées divaguer. Une légère brise vint lui caresser le visage, soulevant une mèche de sa chevelure d'or. Le silence qui régnait eu un effet d'apaisement sur Edward, qui sentait son esprit se détacher petit à petit du monde qui l'entourait. Il fallait dire que le garçon sortait tout juste de table, et que se poser comme ça à l'extérieur juste après avoir mangé était un appel à la sieste digestive. Il lutta pendant quelques instants mais sentit que sa volonté ne serait clairement pas suffisante. Si Gamaliel ne relançait pas la conversation pour le maintenir éveillé, l'étudiant risquait fort de voir sa tête s'affaisser sur son épaule...


Voir le profil de l'utilisateur

Messages : 6125
Wishes : 2414

avatar
KyuBey
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   Lun 26 Juin 2017 - 12:30
RP vieux depuis plus de 2 mois, et Gamaliel n'étant plus, c'est archivé directement.



Voir le profil de l'utilisateur http://zupimages.net/up/17/08/k7rz.png

Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?   
 [(Cafétéria de) La Fac] C'est possible de déjeuner en paix ?
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Ouverture d'un café à Mons
» [Présentation] Café O'Lait.
» Salut les buveurs de café bleu
» Café-jeux à Lille
» Jeu Flash sympa pour la pause café

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fate of Wishes :: Palema :: Quartier Est :: Archives-