Un mystérieux petit animal croise votre route : Je souhaite que tu passes un contrat avec moi. En échange, j'exaucerais n'importe lequel de tes voeux.
 

 [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu
MessageSujet: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 25 Mar 2018 - 16:07
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Boite de nuit le 'Hungry Jackal' :
 

La nuit est tombée de nouveau. Les rues semblent vides alors que de mon point de vue, je devine sans mal l'activité qui grouille dans les environs. Elles sont toujours là, revenue aussi nombreuses. Un soupir m'échappe alors que je viens récupérer mon téléphone. Je ne pensais pas recevoir un message de sa part. Gabriel n'est pas du genre à solliciter mon aide pour rien alors, bien que je reste méfiante, je rejoins le sol avant de ranger mes ailes et de me diriger vers le point de rendez-vous.

Le "Hungry Jackal". Cela fait un moment que la boite de nuit à rouverte mais je n'y ai jamais remis les pieds. Trop de souvenirs douloureux, c’est surement un des seuls lieu du Quartier que j'évite. Enfin, je me met en route, mes doigts revenant se perdre un instant au-dessus de cette chaîne que je ne quitte plus. La sienne. Les jumeaux sont en sécurité et puis, je ne compte pas traîner ce soir.  alors, j'accélère un peu avant d'arriver à destination.

Les gens entrent plus qu'ils ne sortent, ce qui est logique à cette heure. La boite à bien meilleure réputation depuis qu'elle est gérée par les Sharks mais je reste sur mes gardes. Je m'approche en me dirigeant directement vers Gabriel qui me salue déjà. Il s'écarte quelques instants de la porte pour me demander de monter dans une des salles du haut, ou l'on aurait besoin de mon 'expertise' selon son message. J'acquiesce et viens donc traverser les lieux pour venir monter et rejoindre la salle qu'il m'a désigné.

J'y toque, sans réponse. En y entrant, cette dernière est vide mais un accès donnant sur l'arrière du bâtiment et les escaliers de services est ouvert. Et alors que je m'approche un peu, je peux sentir une odeur légère de tabac. Bien, il y a donc quelqu'un que je dois voir. Mais comme je n'ai nullement l'intention de grimper, je me contente de m’asseoir dans un siège proche avant de sortir mon téléphone de ma poche. Et après quelques manipulations connues de moi seule, je viens laisser défiler devant les yeux les dernière photos des jumeaux.


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Dernière édition par Naoto Shirogane le Dim 16 Sep 2018 - 17:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 25 Mar 2018 - 17:42
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Comme un air de déjà-vu

Dans mes souvenirs, le Hungry Jackal était soit mal famé, soit en travaux. Le voir, comme du jour au lendemain devenu un coin branché et fréquenté par plus de jeunes que de vauriens, c’est un sacré spectacle. Je suis sorti de la pièce où m’avait enfermé Gabriel. Pas de chasse et pas de boulot, ce soir, quelqu’un à voir. Qui ? il ne m’a pas dit, mais à sa tête sérieuse, j’ai pas insisté. C’est pas un type à raconter des bobards, et son ton était sans appel. J’y vais. Point.

Je grille ma clope sur le toit. L’obscurité et le vent froid m’est plus agréable que l’intérieur cozy et lumineux de la salle VIP. Et j’ai l’odeur de quelqu’un coincé dans le nez dont je ne me souviens pas, mais que ma tête traite inlassablement de ‘gros porc’. Ce doit être Nikanor, le chef des Jackals, et qui possédait l’endroit depuis des lustres. Malgré ça, l’extérieur pue aussi. La crasse, la poudre brûlée, le sang, et mille autres odeurs qui rendent ce quartier puant. Pas étonnant que Gabriel veuille lui rendre un peu d’humanité.

Mon téléphone vibre et Gabriel me dit que mon rendez-vous est arrivé. Ok. Qui que ce soit, je vais finir la cigarette que je viens d’allumer avant de m’y rendre. Pas par impolitesse, même si en savoir si peu sur le mystérieux rendez-vous me met sur les nerfs. Mais après les derniers jours, je sais qu’il faut toujours que je me prépare avant de rencontrer quelqu’un, sans quoi mes réactions sont pour le moins… brutales.

La porte s’ouvre en bas, et l’odeur de la personne vient jusqu’à l’entrée de l’escalier de service. Je grince des dents. Je « connais » ce parfum, mais tout mon corps s’est tendu. Danger, grand danger. Mon regard vers l’échelle est vain, mais pour le coup j’hésite. Je veux fuir et pourtant j’ignore pourquoi. C’est l’odeur d’une femme, d’une mère de deux enfants dont elle garde une odeur forte, preuve qu’elle est proche d’eux. Mais je ne me souviens pas avoir côtoyé de mère d’enfants en bas âge avant ma mort. Mon odorat est pourtant catégorique. Je connais cette odeur, parfaitement. Mieux même que quiconque. C’est une odeur importante, mais est-ce en bien ou en mal ?

Je secoue la tête. L’analyse embrouille mon esprit et mes souvenir flou n’arrange rien. Je me lève en écrasant ma cigarette mais je reste un moment immobile. Y aller ? Fuir ? De prime abord, je fuirais sans demander mon reste. Mais j’ai une dette envers Gabriel et s’il me demande de rencontrer cette personne, je dois m’y plier. Mon honneur est en jeu. J’inspire une dernière fois l’air de l’extérieur, puis je me décide et descends l’échelle et l’escalier de service.

Dans la pièce, impossible de faire un pas après être entré. L’odeur est plus forte et décuple mon envie de fuir. Je cache mes mains fébriles dans mon dos, prêt à invoquer ma hache si besoin. Mon analyse se lance d’elle-même, comme un réflexe défensif. C’est pourtant un petit bout de femme tout ce qu’il y a de plus normal, si c’est normal de se travestir en homme et de sentir le flic à 20 kilomètres à la ronde rien que par sa posture et son regard. Le mien a du mal à rester posé sur elle. Je regarde les issues, les fenêtres, je reviens vers elle et j’envisage la porte que je viens de passer.

Je dois me reprendre. Je prends une profonde inspiration et râcle un peu ma gorge, à la fois pour attirer son attention et pour me donner un semblant de voix correct. Elle reste enrouée quand j’articule, les dents serrées.

Bonsoir, ‘Madame’.





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 25 Mar 2018 - 18:21
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Bonsoir, ‘Madame’. 

Cette voix. Ce timbre, cette langue. Mes doigts ont lâchés mon téléphone qui me semble comme tombé au ralenti. Mon regard se relève alors que mon corps est parcouru d'un immense frisson. Mon souffle s'est tari alors que cette silhouette qui se découpe devant moi m'est toujours aussi familière. Mais ce n'est qu'en venant arriver à hauteur de son visage que mon coeur rate un battement. Non, ce n’est pas possible, je ne peux pas y croire.

Une seconde, le temps s'est figé alors que le film de notre histoire entière me repasse devant les yeux. Mais je connais sa fin, elle est tragique, comme tout ce qui touche à cet homme. Mon souffle reprend et au premier battement de mon coeur revenu, je suis debout, arme seraph en main, pointée droit sur lui alors que mon regard s’est fait glacial. Et ma voix qui résonne en grondant n’est pas moins dure que mes pupilles qui le fixent avec une haine non dissimulée.  

"- Qui êtes-vous ? "

Gabriel me paiera ce coup-là. C'est lui qui m'a demandé de venir, il savait. Se servir de son souvenir, contre moi en plus. Monstre ! Je crois que je n'ai jamais été aussi en colère. David est mort, je le sais. C'est moi qui ait ses derniers biens et par un réflexe idiot, ma main libre est venue se crisper sur les pendentifs toujours dissimulés sous ma chemise. Non, je ne dois pas me laisser berner. Surement un pouvoir de métamorphose, ou quelque chose du même genre.

"- Que me voulez-vous ? "


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 25 Mar 2018 - 19:10
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Mon intuition de danger était vraie, et j’aurais dû l’écouter. Me voilà en joue d’une contractante en colère et je n’hésite pas à invoquer mon arme pour lui rendre la politesse, le corps entier tendu face à l’agressivité de la femme.

Qui êtes-vous ?

Quand elle se lève, je prends appui sur mes jambes, prêt à fuir, mais je me bloque. Je ne fuirai pas. Même avec toutes les bonnes raisons du monde, mon esprit reste accroché aux mots que Gabriel. Je dois la rencontrer. Sans doute lui parler, à commencer par répondre à ses questions, ça pourrait détendre l’atmosphère étouffante qu’elle impose dans la pièce.

Je m’appelle David. David Klee. Et vous qui êtes-vous ?

Au premier « vous », je n’ai pas pu empêcher ma voix de descendre d’une octave. Mes dents serrées masquent mal mon malaise mais le reste de mon corps me montre prêt au combat. Mes yeux ont du mal à regarder ceux de mon interlocutrice, moins pour la haine que j’y lis que pour leur couleur. Le bleu de ses yeux aussi, je devrais le connaitre, pour qu’il me paraisse si familier. Mais d’où ? En tout cas, ça réveille mon cœur qui bat à m’en faire mal à la poitrine, de la même douleur que j’ai ressenti en revenant à la vie, affreuse. Un avertissement ? Une réminiscence ? Le nuage blanc de ma mémoire n’en est pas moins épais.

Je réfléchis et je revois ce visage dans les coupures de journaux, pris souvent à la dérobée ou au contraire face à l’objectif. Shiro… Shirogane.

Vous êtes… l’enquêteur dont parle les journaux ? Shirogane…

Ma voix s’éteint. J’ai analysé tellement de données ces derniers temps que je ne les retiens pas toutes, et impossible de prendre mon calepin dans la poche de mon sweat pour reprendre mes notes.

Que me voulez-vous ?

Ça, Gabriel a un peu omis de me le dire. Mais si c’est un enquêteur, une enquêtrice en fait, peut-être pourrait-elle m’aider. Mais pourquoi un flic ? Elle est peut-être véreuse ?

Moi, rien. Je ne sais pas. M. Valdez m’a juste dit de venir vous rencontrer. C’est sans doute pour ma…

Je fais un geste vers ma tête, sans le finir, affreusement essoufflé. Rien ne va. J’ai le cœur en chambranle et la tête pas dans un meilleur état. Mon corps me hurle de me tirer fissa et seule la conversation semble encore avoir une once de logique que je briserais bien. Est-ce qu’il l’a attirée à moi pour que je l’exécute ? Pourquoi toute cette mise en scène ? Ce n’est pas logique. Je tente de rester cohérent.

Vous. Pourquoi vous êtes là ?





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 25 Mar 2018 - 20:06
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Je m’appelle David. David Klee. Et vous qui êtes-vous ?
Vous êtes… l’enquêteur dont parle les journaux ? Shirogane…


Non, ce n’est pas possible. Il ne peut pas me répondre ça. Pas avec mon pouvoir. C'est impossible, c'est... Son arme est apparue ce qui veut dire qu'il est bien Nephil. Encore un coup de ces satanés chats. J'ai envie de hurler mais rien ne transparaît dans mon attitude, demeurant égale et toujours aussi menaçante.  

Mais... Il ne se souvient pas de moi? Un instant, je sens mon coeur se serrer violemment. Non, c’est normal. Il n'est pas David, cela ne peut pas être lui. Ce n’est qu'une machination, une forme de test à mon égard. C'est cela, on veut me mettre à l'épreuve, encore. Mais pourquoi fallait-il que ce soit lui qui se dresse maintenant face à moi?

Moi, rien. Je ne sais pas. M. Valdez m’a juste dit de venir vous rencontrer. C’est sans doute pour ma…
Vous. Pourquoi vous êtes là ?


M. Valdez, hein? Je crois que Gabriel va avoir beaucoup de choses à nous raconter, à tous les deux. Tout ceci est son idée donc, puisque lui est sincère. Non, je n'arrive pas à y croire. A moins que... Non, cela ne pourrait pas.... Pourtant, je ne vois pas d'autre option. Ça suffit, respire Naoto. Il te dit la vérité, et il t'a posé une question alors commence par lui répondre. Gérer les choses dans l'ordre.

"- M. Valdez m'a demandé de venir ici, pour une expertise selon ses dires. "

Un instant, j'hésite à l'appeler pour le faire venir. Ce serait le plus simple mais je ne sais pas, il y a comme quelque chose qui me reteint. Est-ce que cela serait vraiment David? Mon esprit ne veut pas y croire mais mon coeur semble pourtant s'être remis à battre plus violemment, douloureusement dans ma poitrine.

"- Depuis quand êtes-vous... Parmi nous ?
Vous avez des problèmes de mémoire ? "


Non, ne discute pas Naoto. Pars, va t'en, tout de suite! Ma main se fait moins franche sur mon arme bien que je n'ai pas bougé. Je voudrais récupérer mon téléphone, pour m'assurer qu'il n’est pas resté sur une photo des enfants. Je dois les protéger eux, ils sont ma seule raison de me battre aujourd'hui. Mais lui, s'il est revenu...


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 25 Mar 2018 - 20:41
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Comme un air de déjà-vu

M. Valdez m'a demandé de venir ici, pour une expertise selon ses dires.

Ça m’aide bien. Ce doit donc être ça, Gabriel doit compter sur les compétences de cette femme pour me rendre ma mémoire. Peut-être par ses pouvoirs mais pourquoi… C’était peut-être une illusion entre mes souvenir et la réalité. La lueur bleutée sur sa main. C’est à elle ou… ? Une Seraph ?

Depuis quand êtes-vous... Parmi nous ?
Vous avez des problèmes de mémoire ?


Je, hum, je dirais quelques semaines, un mois tout au plus.

Pourquoi je lui réponds ? Je n’arrive pas à arrêter la vérité de sortir de ma bouche et même en passant la main devant ma gorge, ma voix s’élève.

Je ne suis pas entièrement amnésique. Mais tout est flou. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé à ma mort. Je ne… les personnes. Je ne me souviens de personne. Pas précisément.

Ma gorge et mes lèvres ne m’obéissent pas. Le pouvoir de cette femme doit être puissante que même avec toute ma volonté, je ne parvienne pas à y résister. J’inspire et expire longuement, laissant descendre ma main sur ma poitrine où tambourine mon cœur, comme un appel à l’aide.

Je sais que je suis mort. Vous devez le savoir aussi. Mais ni comment ou par qui, et la vie m’est pénible, physiquement. Quand on m’approche c’est pire, alors… Restez là où vous êtes. S’il vous plait.

Elle en particulier, c’est une présence insupportable et j’ai l’impression d’être plus vivant encore, si la vie était un poison qui dérèglait tout mon être. Mon poing serre fermement mon arme pour ne pas trembler et mes jointures sont blanches.

Est-ce que… S’est-on déjà vus ?

Je regrette instantanément ses mots, mais j’étais bien incapables de les retenir. Je reprends d’ailleurs de plus belle. Mes yeux me piquent et je détourne le regard d’elle, me fiant à mon flair. Plaqué contre le mur, je ne peux pas m’éloigner plus.

Je ne vous reconnais pas, mais j’ai dû vous croiser. Souvent. C’est une impression persistante. Vous étiez cliente ? Du… Du Goliath.

Je ne sais pas ce qu’il m’arrive mais c’est si nouveau et inattendu que j’en suis balayé.

‘Putain’…

Je mets ma main à ma bouche. Mais dans mon état, c’est la colère qui gagne et j’élève la voix, en demandant sèchement.

Vous êtes qui ?

J'ai un hoquet, surpris de ma propre agressivité, mais loin de pouvoir la cacher. Cette femme, elle me met dans un état d'énervement que j'ai rarement ressenti. De l'énervement? Je n'en suis pas sûr moi-même.  





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 25 Mar 2018 - 21:53
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Je, hum, je dirais quelques semaines, un mois tout au plus.
Je ne suis pas entièrement amnésique. Mais tout est flou. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé à ma mort. Je ne… les personnes. Je ne me souviens de personne. Pas précisément.
Je sais que je suis mort. Vous devez le savoir aussi. Mais ni comment ou par qui, et la vie m’est pénible, physiquement. Quand on m’approche c’est pire, alors… Restez là où vous êtes. S’il vous plait.  


Cet entretien est une véritable torture. Un mois qu'il serait de retour. Et comme avant, il sait se montrer invisible. Comme quoi les vieux réflexes ont la vie dure. Il est bien resté le même en tout cas, mon coeur le hurle alors que mon regard ne perd pas la moindre miettes de ses réactions. Sa main qui monte à sa gorge avant de redescendre sur sa poitrine, comme s'il ne comprenait pourquoi il me parle.

D'ailleurs, il me parlait si peu. Ou plutôt, il ne répondait jamais aussi franchement alors, est-ce vraiment lui? A croire que je cherche encore à m'accrocher à cette idée. Cela ne peut pas être lui. Il y a forcément un truc quelque part. Mon âme qui a tant souffert de son départ n'arrive pas à accepter cette possibilité. Après l'avoir autant pleuré, il est trop dur pour elle de faire face à cette... réalité?

Est-ce que… S’est-on déjà vus ?  

Ma mâchoire se crispe alors que mon coeur manque de broyer mes côtes. Comment de si simples mots peuvent me faire aussi mal? Bien sur que nous nous sommes déjà vus. Et c'était le fait de ne plus pouvoir nous voir qui nous faisait autant souffrir. Nos enfants, ils... Je respire profondément, ma main manquant de se mettre à trembler sur mon arme. Rien, ne rien laisser paraître.

Je ne vous reconnais pas, mais j’ai dû vous croiser. Souvent. C’est une impression persistante. Vous étiez cliente ? Du… Du Goliath.

"- Plus ou moins... "

Mes doigts n'ont pas pu s'empêcher de venir jouer avec cet anneau si particulier qui orne toujours ma main. Il l'a forgé là-bas, lui-même alors... Heureusement que j'ai passé ma vie à faire illusion car jamais mes nerfs n'ont été mis à si rude épreuve.

‘Putain’…
Vous êtes qui ?


"- ... "

La mère de tes enfants. Ta femme. Ta pire ennemie. Celle qui t'a fait le plus souffrir. Et qui recommencera, forcément. Parce que notre histoire est vouée à rejouer éternellement cette même tragédie. A moins que ...

"- Naoto Shirogane, le Petit Prince."

'Ta princesse' crie mon coeur que je fais taire avant de me baisser pour ramasser vivement mon téléphone. C'est fini, la mascarade a assez duré. Je ne resterais pas ici plus une seconde de plus. Le voleur a tout emporté dans sa tombe alors autant tout y laissé.cela sera mieux, pour tout le monde.

"- Désolée, je ne peux rien pour vous.
Je vous souhaite bon courage pour votre mémoire et votre... retour."


Mon arme baissée, je lui tourne le dos pour me diriger d'un pas décidé vers la porte. Ma simple proximité le rend malade, alors je ne lui infligerais pas cela plus longtemps. Il a bien assez souffert par ma faute. Si la vie lui offre une seconde chance, je n'ai pas le droit de la lui gâcher. Alors, je dois faire ce que je n'avais pas su réussir la première fois. Partir !


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 25 Mar 2018 - 23:12
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Comme un air de déjà-vu

Plus ou moins… ce n’est pas une réponse. C’est totalement contraire à mes impressions. Je connais cette femme, mais comment ?

Son silence n’aide pas, il me fait tout simplement dire qu’elle me cache quelque chose, qu’elle sait quelque chose et me ment, quand je n’ai pas ce luxe.

Naoto Shirogane, le Petit Prince.

Naoto. Ce nom résonne, mais impossible de savoir d’où. Naoto. Je le répète dans ma tête et à mi-mot, je cherche et finalement, ce n’est plus mes souvenirs qui m’obsèdent, mais elle. Que… Comment ? Tout m’est familier mais étrangement dangereux. Trop de vie. Est-ce à cause des deux enfants ? Ils sont… Encore petits. Leurs odeurs est juvénile, ce sont encore des bambins. Non, ce n’est pas les enfants. C’est elle. Parce que son odeur seule me rend étrange, prêt à attaquer, à fuir, à reculer sans pouvoir bouger.

Alors quand c’est elle qui bouge, alors qu’elle s’en va, mon cœur reprend de nouveau son tambourinement. C’est encore plus dangereux qu’elle parte.

Désolée, je ne peux rien pour vous.
Je vous souhaite bon courage pour votre mémoire et votre... retour.


Quoi ?

Je fouille et sors mon calepin, les notes sur elle sont sporadiques, peu m’ont intéressé pour le moment. Si ce n’est ses valeurs.

Mais vous… vous vous targuez de toujours chercher la vérité… vous… vous aidez…

Je la vois avancer toujours, et un mouvement de panique me fait m’arrêté pour… lui courir après. C’est comme si mes tripes s’écrasaient pour rester loin d’elle, à l’exception de ma tête et mon cœur. Quelques pas et je la rejoins. Je prends et tire brusquement son bras, mais je la lâche aussitôt, brûlé par ce contact. Et tétanisé par la vue qui s’offre à moi. J’ai tiré sur le tissu de sa manche, et ça a cassé un bouton de son col, libérant un collier. Un pendentif parmi d’autres. Une croix d’argent.

Ma croix d’argent.

Elle possède ma croix d’argent et me ment, je la connais et elle me terrorise. La seule explication que je peux formuler est que cette croix est un trophée. C’est elle. Elle est celle qui m’a tué. Je recule, effaré, les yeux rivés sur le bijou, puis sur son visage.

Pourquoi vous… ? C’est…





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 25 Mar 2018 - 23:35
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Quoi ?
Mais vous… vous vous targuez de toujours chercher la vérité… vous… vous aidez…


Comment peut-il savoir cela s'il a tout oublié ? Pourquoi s'acharne t'il à rouvrir cette plaie encore trop à vif. Il est mort, il le sait mais la vie à continuer pour les autres. Je n'ai pas perdu la mémoire, moi. Je me souviens, de tout. De tellement trop même. Je n'ai plus besoin de chercher la vérité, je la connais et je sais que ma présence est tout sauf bonne pour lui. Alors il vaut mieux que je disparaisse, et vite. avant qu'il ne soit trop tard.

Je l'ai entendu approcher mais je ne pensais pas qu'il m'attraperais de la sorte. Mon bras est si violemment tiré que cela vient faire céder le haut de mon col pour ne pas m'étrangler. Une seconde, je serais presque déçue qu'il ne m'ait pas purement étranglée. Mais du coup, avec le mouvement de recul, ma chaîne est passée au-dessus de mes vêtements et forcément, il ne manque pas ce détail avant de remettre violemment de la distance entre nous.

Pourquoi vous… ? C’est…

"- C'est tout ce qu'il me reste ! "

Déjà ma main est venue serrer si fort les médaillons que je les sens s'imprimer dans ma chair. Son regard est effaré, effrayé. Je le terrorise et cela me blesse, terriblement. Et la douleur dans ma poitrine n'a jamais été aussi forte. Ma voix est légèrement montée dans les aigus alors que je peine à reprendre mon souffle. Non, on m'a déjà tout pris, jusqu'à toi. Alors laisse-moi ce souvenir.

"- Tu ne devrais pas... être là...
Moi non plus, alors... Oublie...
Cela vaut mieux..."


Efface cette rencontre de ta mémoire. Oublie moi, tout, même le peu que tu as appris. Refais-toi une vie, celle que tu voudras, mais ailleurs. Pas ici, ou nous n'avons aucun avenir. Et si je fais encore tout pour me montrer aussi forte et déterminée que je l'étais en entrant, je sais que mon regard se fait aussi suppliant.

Je t'en supplie. Par pitié, ne recommence pas. Ne faisons pas la même erreur une seconde fois. Ne sois pas 'toi', ne fais pas ce pas et laisse-moi disparaître pour de bon. Dans ce monde, il vaut mieux ne rien savoir. Tu as cette chance alors je me refuse à te l'ôter. Laisse-moi devenir un monstre à tes yeux, je m'en moque. Si c'est pour t'épargner, te protéger, je saurais m'en contenter.


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Lun 26 Mar 2018 - 21:32
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Comme un air de déjà-vu

C'est tout ce qu'il me reste !

Tout ce qui lui reste ? De quoi ? De l’attaque ? C’est un lot de consolation après la bataille entre Nephils et Seraphs ? Au moins, moi je suis mort ? Ceux que j’ai tués sont au moins vengé ? C’est une pratique flic de se couvrir des trophées de leurs ennemis avant la bataille ?  

Cette idée me fait plus mal qu’elle ne devrait. Je devrais m’en foutre, et reprendre mon bien, le seul qui me suit toujours. C’est presque une part de moi, arrachée par cette femme qui l’a fait sienne. Et qui en plus s’acharne dans ses délires.

Tu ne devrais pas... être là...
Moi non plus, alors... Oublie...
Cela vaut mieux...


Elle m’aurait giflée que je n’aurais pas fait une autre tête. Sa voix supplie et mon esprit acquiesce. Je ne veux pas savoir ce qu’il s’est passé, je ne veux plus. Mais le pouvoir de cette femme force ma voix à sortir, troublée par un sentiment de rejet.

Mais je suis là. Tu l’es aussi. Et je ne me souviens déjà pas. Je dois – quoi ? – rester là avec mes questions et te regarder partir avec les réponses ?  Je suis…

Je plaque ma main devant ma bouche. Ça je ne peux pas l’avouer, je ne peux pas l’admettre. Aussi vrai que cela soit, admettre que je suis mort de trouille, c’est hors de question. Je me mords le poing pour retenir ces mots et les avaler avec mon propre sang. Je ne sais plus quoi faire ou dire, et elle ne parlera pas de toute façon.

Je prends mon paquet de cigarette, presque vide. Incapable de parler, je lui indique la sortie d’un geste de colère et je recule contre le mur où je m’adosse, puis m’affale. Qu’elle se casse donc. Je desserre juste les dents pour en ôter ma main en sang et y glisser une cigarette allumée. Que puis-je faire d’autre si je ne peux pas mentir face à elle et que je ne la convaincs pas ? Je devrais chercher ailleurs. Mais elle sait tout, elle est sans doute la clé de ma mémoire, elle qui a dû la sceller en me tuant.

Je soupire et essuie mes yeux. J’ai l’air fin maintenant. Mes doigts tremblent en tenant la clope sur laquelle je tire sans ménagement. Mon arme repose négligemment sur mon épaule et mon poing ne se desserre pas sur elle.

Comme il te plaira. Va donc. C’est douloureux que tu sois là ou que tu partes. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est plus fort avec toi qu’avec n’importe qui d’autre quand t’es là, et c’est la première fois que ça fait mal quand quelqu’un part. C'est peut-être à cause de ton trophée.

Souffrir de sa présence ou de sa soudaine absence, quelle différence.





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Lun 26 Mar 2018 - 22:21
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Mais je suis là. Tu l’es aussi. Et je ne me souviens déjà pas. Je dois – quoi ? – rester là avec mes questions et te regarder partir avec les réponses ?  Je suis…  

Toi, je ne sais pas mais moi, je suis littéralement pendue à ses lèvres. Oui, tu as raison, je suis monstrueuse de t'infliger cela mais si je le fais, c'est pour toi. Pour ton bien. Et ce ton qu'il emploie, ce regard qu'il me lance et ce sang qu'il vient faire couler pour se taire me sont plus douloureux que tout ce que j'ai jamais connu. Le Hungry Jackal est-il destiné à n'être que le théâtre de nos plus grandes douleurs communes ? Là ou tout a commencé, il faut que se termine ainsi, la boucle sera bouclée. Oui, je n'ai pas d'autre option. Il le faut.

Comme il te plaira. Va donc. C’est douloureux que tu sois là ou que tu partes. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est plus fort avec toi qu’avec n’importe qui d’autre quand t’es là, et c’est la première fois que ça fait mal quand quelqu’un part. C'est peut-être à cause de ton trophée.

Mes dents mordent si fort ma lèvre qu'elle éclate sous la pression. Je devrais pourtant être soulagée. c’est le mieux qui puisse lui arriver alors pourquoi suis-je incapable de bouger? Mes poings serrés me font mal alors que mon coeur saigne comme jamais. Plus fort avec toi. Mal quand je pars. Douloureuse. Il le dit lui-même. Je suis une plaie dont il doit se débarrasser. Mais pour que moi aussi j'oublie tout cela, je devrais lui rendre. Et ça, je n'en ai pas la force. Cette chaîne, elle nous lie toujours et malgré son poids, je me refuse à l’ôter.

"- Je me suis promise... d'être toujours honnête avec toi...
Mais ça... Ça ne pourra que te nuire... Te faire du mal... Encore et tellement..."


Ma voix vacille alors que ma volonté chancelle. Oui, je sais tout, tu l'as bien compris. Et ta détresse me touche. Que tu éprouves cette colère à mon égard me brise plus surement que les chantages de contracteurs. Te savoir ainsi si loin de moi alors que nous sommes si proche me déchire les tripes tandis que mon coeur hurle comme jamais. Moi qui ne me suis même pas permise de pleurer ta mort, je sens les larmes prêtes à me submerger alors que je demeure figée, immobile et droite. Si je cède maintenant c’est fini. Mais comment lui refuser ça?

"- Les réponses que tu cherches... La vérité qui te manque... Ce passé qui te demeure oblitéré...
Tout est résumé... ici... "


Ma main est venue détacher sa chaîne et malgré le frisson qui m'échappe, je viens la déposer dans le creux de ma main. paume ouverte et tendue vers lui, j'offre à sa vue les 3 symboles les plus précieux de son existence. La croix d'argent de son père, son alliance ainsi que le médaillon de naissance des jumeaux. Le tout accroché à cette chaîne que je garde enroulée à mon poignet, me liant ainsi à tous ces souvenirs.


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Lun 2 Avr 2018 - 17:56
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Comme un air de déjà-vu

Je me suis promise... d'être toujours honnête avec toi...
Mais ça... Ça ne pourra que te nuire... Te faire du mal... Encore et tellement...


Comme si j’en avais encore quelque chose à foutre.

Encore une fois, les mots m’ont échappé et résonnent dans la pièce. Souffrir « un peu » ou « beaucoup », c’est toujours souffrir alors à quoi bon ? Ce n’est pas comme si de moi-même j’étais le plus heureux des hommes. Un coup de plus, un peu plus de sang, qu’est-ce que ça change ? Peut-être quelque chose, quand je vois le sien couler. Un sentiment désagréable, douloureux monte dans ma poitrine. Pas du dégoût, ou de l’inquiétude. Pourquoi je ressens…

De la culpabilité ?

Quand je vois son masque tomber sur une expression de telle tristesse, de telle douleur, je m’en veux. Et comme toujours je suis incapable de comprendre pourquoi. Est-ce son pouvoir qui m’affecte ainsi ? ou sont-ce mes vrais sentiments ? A son égard ?

Je secoue la tête pour reprendre prise sur le présent alors qu’elle s’approche, d’un pas seulement pourtant. J’essuie correctement mes yeux pour revoir mon pendentif, accroché à sa chaîne avec deux autres bijoux. Une alliance ? Je regarde rapidement son doigt et en vois une aussi. Le troisième est plus mystérieux, mais je regrette d’avoir activé ma déduction.

Les réponses que tu cherches... La vérité qui te manque... Ce passé qui te demeure oblitéré...
Tout est résumé... ici...


Je déduis des choses qui ne me plaisent pas. Pas du tout. Ça ne peut pas être vrai, ça ne peut pas…

T’as le don de tourner autour du pot.

J’inspire et je cherche à calmer mon cœur en panique. Panique ? Non. Mes symptômes ne sont pas ceux de la panique. Rythme cardiaque rapide, fébrilité, mots précipités, larmes, la fait que je sois allé vers elle et la brûlure, qui ne vient pas d’elle mais de moi. Mes mains sont chaudes. Je ne panique pas. Je suis fou de joie…

Pour elle ? Quoi ? Ce n’est pas logique ! Sauf si la déduction de l’alliance est vraie. C’est une alliance d’homme, mais l’anneau n’est pas très large, il est presque neuf et pourtant, il est abîmé, sans doute par quelqu’un de manuel. Comme moi. L’intérieur est patiné, et a autant de marque de chaine, preuve qu’elle a été fréquemment enlevée et mise, par quelqu’un qui ne porterait pas son alliance en toute occasion. Comme moi. La marque à l’intérieur, que dit-elle ?

Je saute sur mes pieds et reviens à nouveau près d’elle, aggravant mon état mais pour lire les initiales et la date gravée dans le métal. NS & DK. Si NS est Naoto Shirogane, lui, c’est DK. J’ai le souffle coupé, prêt à parler sans rien trouver à formuler. La suite du raisonnement me sidère. J’ai épousé une flic ? Une Seraph ? A la réaction de mon cœur qui m’en fait pleurer de joie, j’ai su et assumé ce fait, il y a longtemps. La seule gêne qui reste est de ne pas m’en souvenir. Comment ai-je pu oublier cette femme si je l’ai tant aimé ?

Je n’ose pas confirmer tout ce qui évolue dans mon crâne en pleine explosion en enfilant l’alliance. Je regarde le troisième bijou, perplexe. Ma croix d’argent est mon passé, et si l’alliance est mon présent, je crains que celui-ci soit mon avenir. Mon esprit en parfait éveil me frappe déjà de l’évidence. Si toute ma théorie est vraie, je sais déjà ce qu’est cet avenir. Depuis qu’elle est entrée, j’ai senti sur elle ces odeurs de bambins.

Je prends rapidement l’écrin, et mes doigts l’ouvrent, pas vraiment accidentellement. Je sais l’ouvrir et j’en ai l’habitude. J’ai souvent ouvert ce pendentif. J’ai souvent vu sa gravure des deux bébés. Je referme aussitôt le bijou, sidéré. Par l’idée par les larmes qui roulent de mes yeux, par toute cette situation qui m’échappe et qui m’effraye, ou qui m’émeut, peut-être tout en même temps.

Mais si c’est la vérité, pourquoi ma mémoire bloque ? Comment ai-je pu oublier tout ça ? Comment ai-je pu oublier une femme si importante ? Ma mort ? Mon contrat ? Ou un autre lien au diablotin ? Je secoue la tête en vain.

Et si c’était une machination ? Si elle avait inventé tout ça ? Si rien n’était vrai ? Serait-ce un piège ? Je n’arrive pas à trouver d’argument à cette idée, bercé par les battements de mon cœur. Je cherche, je cherche et passe la main sur mon visage, me concentrant comme je peux sur ma mémoire.

Comment ? Je… Je ne comprends rien. Non. Je crois comprendre, j’ai peur de comprendre et… Si c’est vrai ?

Mon absence totale de souvenir, même les plus infimes m’énervent et j’en lâche le collier pour me retourner et frapper le mur. Comme toujours, ma colère est violente, mais instinctivement, je ne l’ai pas tournée vers elle. Maintenant que j’y pense, je n’ai pas pensé une seconde à la frapper, à l’attaquer vraiment, alors que c’est une Seraph et qu’elle m’a pointé de son arme. Je n’ai même pas crié, et en y pensant, je ne l’envisage pas. Mon esprit ne se souvient pas d’elle, mais il la traite comme une personne précieuse. Dans un sens, ça expliquerait pourquoi je suis mort. Contre elle, peu de chance que je me défende.

Je soupire profondément, en évitant ses yeux comme si je savais déjà quelle réaction avait provoqué mon accès de colère, et que je n’allais pas l’assumer.

J et H, ce sont leurs initiales ?

Je me débecte. Si ce sont… mes enfants… En même temps, moi ? Avoir une famille ?

Pourquoi je ne me souviens pas… ? Je ne peux pas être si... ? C’est vrai ?

'Merde', pourquoi je suis si… joyeux ? Ça n’a pas de sens.





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Lun 2 Avr 2018 - 18:50
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Comme si j’en avais encore quelque chose à foutre.

Ces mots crachés de la sorte me blessent plus qu'ils ne le devraient. Oui, tu n'as plus rien à perdre, tu as déjà tout perdu. Mais moi, je me suis battue. Encore et toujours. Pour conserver ton souvenir, survivre à la peine, continuer à avancer alors que ton fantôme est sans cesse plus présent au travers de leurs regards. Ils te ressemblent tellement, c'en est à la fois délicieux et si douloureux. Mais je ne reculerais pas alors, je te tend ce bien si précieux, à la fois pour toi comme pour moi. En sentant mon coeur s'arrêter à l'idée que tu puisses refuser la vérité.

T’as le don de tourner autour du pot.

Oui, je sais. Je ne sais pas faire autrement. Et cette remarque venant de sa part me tirerait presque l'aube d'un sourire alors que jamais mon attention n'a été aussi fixée sur lui. La moindre de ses réactions, je veux la lire, la comprendre, la graver dans ma mémoire. Car si ce moment n’est rien de plus qu'un rêve, je veux pouvoir en profiter encore ne serait-ce qu'un instant. Avant que de nouveau, on me vole tout pour me laisser retourner à ma profonde solitude.

Cette façon qu'il a de venir prendre cet anneau pour en lire les inscriptions qu'il contient, ses larmes qui montent alors qu'il examine cet anneau sous toutes ses coutures, son expression à la fois perdue mais aussi remplie d'une forme étrange de joie diffuse. Je sens ma lèvre martyrisée par mes dents alors que je ne rate rien de cette prise de conscience qui semble se faire dans son esprit. Et mon coeur comme mon souffle restent en suspens alors qu'il saisit le médaillon et l'ouvre, sans le moindre mal. Oui, ça ne peut être que lui.

Comment ? Je… Je ne comprends rien. Non. Je crois comprendre, j’ai peur de comprendre et… Si c’est vrai ?

Instinctivement, je me suis baissée pour venir récupérer la chaîne tombée au sol. Non, je ne peux pas accepter la simple idée de risquer de la perdre. Pas avec ce qu'elle représente. Et son poing dans le mur me tire un mouvement de recul rapide alors que je le fixe. A la fois surprise et... émue. Même ça, ça lui ressemble tellement.

J et H, ce sont leurs initiales ?

Pour Hana et Julian, oui...

Pourquoi je ne me souviens pas… ? Je ne peux pas être si... ? C’est vrai ?
'Merde', pourquoi je suis si… joyeux ? Ça n’a pas de sens.


Si mon coeur n'était pas déjà détruit, je crois qu'il viendrait définitivement de se briser. Joyeux. Je ne note que ce mot. Il ne comprend pas, il ne se souvient pas mais il est heureux. D'être marié, je ne sais pas mais d'être père, oui. Je sens mes jambes flancher légèrement, me laissant tomber à genou lentement. Cette fois, je crois vraiment que c'est trop. Pourtant, j'ai la sensation de me sentir plus légère que je ne l'ai jamais été alors pourquoi me retrouvais-je ainsi clouée au sol? C'est totalement illogique. Et à sa merci en plus, ce n'est pas raisonnable. Mais l'ais-je jamais été face à lui?

"- Eux non plus... ils ne se souviennent pas de toi... Ils étaient trop jeunes quand...
Mais moi, je me rappelle...
De tout..."


Je sens les sanglots monter autant à ma gorge que dans mes yeux et j'ai beau tenter de les retenir, je ne peux les empêcher de se faire entendre. Mes doigts sont de nouveau serrés sur les pendentifs alors que j'ai baissé la tête, pour ne pas le laisser deviner ma faiblesse. Ces souvenirs si tendres et si doux, mêlés à cet arrière gout de tragédie et à cette douleur si ancrée. Une torture que pourtant je me refuse à oublier. Ils me sont si précieux. Comme eux. Comme lui.

"- Ton retour.... Comment ? Qui ? ....
Pourquoi ?..."


Il ne peux pas être revenu par hasard et j'ai besoin de savoir. Si je dois craindre encore plus que ce je sais déjà planer au-dessus de moi et de tous. J'aimerais me réjouir de son retour, le serrer dans mes bras, l'embrasser mais ma raison m'en empêche, me coupant les jambes et le souffle. Si ce n'était qu'une... illusion ? Pourtant, sa main qui est venue chercher son collier était réelle, alors...

Pourquoi je n'arrive pas à me décider ? Est-ce réellement lui, pour de bon ?


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Mar 22 Mai 2018 - 21:10
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Comme un air de déjà-vu

Hana et… Julian ? Le garçon porte son nom, à elle ? Je l’ai baptisé au nom de ma mère ? Celle que tout le monde a décriée, éludée, bannie de toutes les mémoires au point de la ternir dans la mienne ? Je tressaille. Oui, mais qu’au fond j’ai toujours voulu connaitre. Qua j’avais juste peur de découvrir comme on la décrivait tant et si bien ?

Et Hana… ?

Quand elle tombe à genoux, comme un vieux réflexe, je m’accroupis à ses côtés. Sa présence me fait mal, mais impossible d’ignorer la moindre détresse venant d’elle comme si elle pouvait soudain se briser comme une poupée de verre. Elle en a stoppé ma réflexion et je laisse celle-ci de côté pour m’occuper d’elle. Mais quand j’avance la main, sa voix suffit à m’arrêter.

Eux non plus... ils ne se souviennent pas de toi... Ils étaient trop jeunes quand...
Mais moi, je me rappelle...
De tout...


Tout. Tant. Dont j’ignore l’intégralité. Pourtant, des échos lointains me remontent, comme des picotements au bout des doigts, d’un subconscient qui martèle ma conscience. Le son des basses de la boite de nuit n’aide pas mon cerveau. Ou si ?

Ton retour.... Comment ? Qui ? ....
Pourquoi ?...


J’avale l’air comme si j’avais oublié de le faire et je peine à faire ressortir ma voix.

Je ne veux pas impliquer la personne, mais je dois l’aider, non, je dois le faire moi-même. Je dois payer ma dette.
Je ne savais pas. Je ne me souviens pas avoir laissé… des gens derrière moi. Je…


Le changement de rythme de la musique qui tonne en bas ne m’aide pas à réfléchir correctement, et même si je suis forcé à parler, mes idées sont confuses et illogiques. Je ne suis même pas capable de m’exprimer !

Je me lève pour marcher un peu, avec toujours cette même envie de cogner, et je n’arrive pas à la réprimer. Il y a une dizaine de minutes, j’ignorais son nom, et là, elle est ma veuve et la mère de nos enfants. Elle sait tout et moi rien du tout.

Nous, on… Je… Comment on… ? Depuis combien de temps ? Non, mauvaise question mais…

Je renifle et souffle un grand coup. Je la regarde un moment et me rapproche d’elle, pour relever gentiment son visage. A vrai dire, ça ne m’étonnerait pas vraiment si j’étais tombé amoureux d’un visage pareil, même ravagé par les larmes comme maintenant. Mais sans mémoire d’avoir jamais aimé quelqu’un, comment savoir ?

Ce détail me frappe. Je me souviens de beaucoup d’éléments de ma vie mais jamais d’amis, ou d’amours passées. Des histoires sans intérêt ou sans futur, mais aucun lien fort. Avec une telle amnésie, elle pourrait aussi bien être ma délivrance, ou le pire mensonge qu’on pourrait me faire.

Partir ? Réfléchir ? Rester ? Affronter ? Accepter ? Croire ? Douter ? Ma tête tourne à trop chercher ce que ma mémoire de révèle pas. Je penche la tête, non sans craindre qu’elle m’attaque, mais bien incapable de m’en défendre. C’est vrai, je n’ai même pas pensé à l’attaquer, à tirer une seule fois sur elle, à la cogner alors que je veux cogner sur tout le reste. Mon esprit est embrumé, mais il la protège inconsciemment. Pourquoi ?

T-Tu pourrais… me raconter ?

Je ne peux pas la croire sur une histoire dont je ne me souviens pas, et je ne peux pas douter faute de preuve. Alors je veux savoir. Ce qu'elle est, ce qu'elle a été, ce qu'on a été. Je veux comprendre comment on en est arrivé ainsi, comment on a commencé. Que s'est-il passé que ma mort a pu balayer de ma tête, et qui semble rester, ailleurs. Peut-être en moi. Peut-être au cœur ?





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Mer 23 Mai 2018 - 10:48
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Je ne veux pas impliquer la personne, mais je dois l’aider, non, je dois le faire moi-même. Je dois payer ma dette.
Je ne savais pas. Je ne me souviens pas avoir laissé… des gens derrière moi. Je…


C'est donc bien un voeu qui l'a fait revenir. Qui donc a pu souhaiter son retour ? Et dans quel but? Voilà une question dont je percerais le mystère. J'ai peut-être même une idée déjà. Payer sa dette, hein? Il ne doit pourtant plus rien à personne. Encore prostrée au sol, je viens de nouveau mordre ma lèvre déjà abîmée. Tu n'imagines pas tout ce que tu as laissé derrière toi. Parce qu'il n'y avait pas que moi ou les jumeaux, mais aussi tout ce que tu faisais pour le Quartier Sud et la Compagnie. Même avec tous tes travers, malgré l'image que beaucoup avait de toi, tu étais quelqu'un de bien, tellement. Tu le cachais juste trop bien à la face du monde.
 
Nous, on… Je… Comment on… ? Depuis combien de temps ? Non, mauvaise question mais…

Ses doigts qui viennent se poser sur mon visage pour le relever dans sa direction m'arrachent un puissant frisson, que je ne réprime nullement. Ses gestes restent si doux à mon égard. Mon coeur se serre alors que bêtement, l'aube d'un sourire vient se poser sur mes lèvres. Comment ? Cela t'intéresse réellement. Tu voudrais vraiment te souvenir? Au fond de moi, mon coeur me hurle de tout lui raconter alors que ma raison hésite encore un peu. Il a une chance de se libérer de ce poids que j'étais pour lui alors, lui repasser moi-même cette chaîne au cou pour le condamner de nouveau...  

T-Tu pourrais… me raconter ?

Les larmes remontent toutes seules à mes yeux, alors que bêtement mon sourire se marque un peu plus. C'est idiot, complètement, mais je ne sais pas réagir autrement. Le retrouver est déjà tellement déstabilisant mais là. Foutu chat, vous devez être heureux là, n'est-ce pas? Allez, respire Naoto. Essuie tes larmes, redresse-toi et parle. J'ai presque peur pourtant d'ouvrir la bouche à présent. Jamais personne n'a su tout cela. Notre histoire n'a jamais été raconté alors, la lui raconter, à lui en plus, forcément, cela me parait étrange. Mon regard s'attarde un instant sur les lieux alors que je me rapproche de la fenêtre pour profiter aussi de l'air fais de la nuit. Et commencer mon récit.

"- C'est ici que tout a commencé. Par une nuit semblable à celle-ci. J'étais en mission d'infiltration, pour faire tomber Nikanor, mais il y avait une taupe dans nos rangs. J'ai fini comme lot dans la vente aux enchères de ce monstre. J'avais déjà passé un sale quart d'heure et ce porc me promettait encore bien pire quand tu as tiré sur les lampes et commencé à faire sauter les lieux... " 

Je me suis mise à trembler. Pas de froid, je ne le ressens plus, mais bien d'horreur en repensant à tout cela. L'haleine de cet homme, son poids contre moi, la morsure du verre, la chaleur des flammes, le gout du sang, les relents de poudre aussi. Une nuit de cauchemar.

"- Tu ne voulais pas sauver une poucave mais tu te refusais à abandonner une femme en détresse. Nous nous sommes retrouvé alliés bon gré mal gré pour sortir de cet enfer et finalement, nous avons tous deux atteints nos objectifs. Tu avais quasiment détruit le Jackals, les Teeths ont décimés les hommes de main venus nous déloger au Goliath et moi j'ai fait arrêté Nikanor et sauvé sa dernière victime. "

Pourtant, j'ai toujours ce gout amer dans la bouche. Cette nuit-là, je n'ai pas valu mieux que lui. Au contraire, je me suis révélée pire monstre que cet homme et rien que d'y penser, je m'en dégoûte. Et je sais qu'il a tout vu. Il s'en est même amusé à sa façon. Alors, je ne comprends toujours pas comment les choses ont fini par prendre cette tournure entre nous. Pourtant, je sais que si je devais revenir en arrière, je ne changerais rien. Parce que tous ces souvenirs, aussi douloureux soient-ils, me sont devenus précieux pour ne pas dire indispensable.

"- Nous ne nous sommes rien épargnés. Coups, blessures, mots, remarques. Nous nous sommes mutuellement blessés, malmenés, frappés, profondément détestés, sans doute même haï. Mais à notre façon, nous avons aussi tentés de protéger l'autre. Tu m'as soigné un minimum là où j'ai tout fait pour que la police ne te retienne pas.
J'ai malgré tout passé plus de 3 semaines à l'hopital, manquant d'y laisser mes pieds alors que mes collègues n'ont guère suivis mes consignes."


Ravissant début qu'est celui de notre idylle, tu ne trouves pas? Au moins, on ne peut pas dire que nous sommes tombés dans les clichés traditionnels. Un soupir profond m'échappe alors que mon sourire qui avait disparu avec le début de ce récit vient doucement renaître. Je quitte la contemplation de la fenêtre pour revenir me tourner vers lui et lui faire face.  

"- Tout aurait dû s'arrêter là mais tu avais pris des photos. De quoi faire couler définitivement cette ordure mais aussi certaines de moi. Entre ses griffes. Et quand je suis sortie de l’hôpital, tu m'as envoyé un courrier. Tu acceptais de me rendre ces images et de les faire disparaître définitivement, mais à une seule condition.
'Si Cendrillon acceptait de suivre le Voleur dans un vrai bal'... "


Tu ne te souviens vraiment de rien? Tout ce que je viens de te raconter pourrait-il réveiller quelques bribes de souvenir en toi? Ces mots, ce sont bien les tiens. J'ai encore le courrier et la robe rangée bien à l'abri dans une cachette connue de moi seule. Avec tous les accessoires que tu m'avais aussi envoyés avec, la médaille gagnée lors de la valse, la rose séchée que tu m'avais offerte ce soir-là ainsi que cette peluche remportée au stand de jeu, devenue l'unique panier d'Arsen. Moi qui ne suis pas collectionneuse, j'ai absolument tout gardé de ce qui touche à notre amour.


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 10 Juin 2018 - 12:25
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Comme un air de déjà-vu

Son sourire… me parle. Je l’ai vu déjà, et oui, un tel sourire a dû déjà m’émouvoir comme maintenant. Mon cœur se souvient de ces jolies lèvres parlant de joie sans dire un mot. J’ai vu ce sourire, et si je n’étais pas tombé amoureux de lui, je crois bien que c’est bien parti pour arriver maintenant. Peut-être pas seulement parce qu’il est joli. Mais… il est sincère. A mon encontre il ne se pare pas de duperie, il s’étend sans contrainte. Il est vrai. Alors comment douter que les mots qui l’accompagnent le sont aussi ?

C'est ici que tout a commencé. Par une nuit semblable à celle-ci. J'étais en mission d'infiltration, pour faire tomber Nikanor, mais il y avait une taupe dans nos rangs. J'ai fini comme lot dans la vente aux enchères de ce monstre. J'avais déjà passé un sale quart d'heure et ce porc me promettait encore bien pire quand tu as tiré sur les lampes et commencé à faire sauter les lieux...

L’incendie criminel du Hungry Jackals. Je me souviens de ce qu’en disais les journaux, et je sais que l’étais le porte-flingue envoyé par Boss pour faire place nette en vendant le gros aux poulets et en rasant la boîte de la carte. Mais je n’ai pas retrouvé mes propres souvenirs. On m’a dit que j’étais ressorti en sale état et qu’on m’avait quand même envoyé au poste avant de me libérer sur parole, alors j’ai mis ça sur le compte de mes blessures. J’ai cru que ma mémoire défaillante était due à des blessures trop graves pendant des missions. Depuis mon retour à Palema, c’est le premier évènement manquant, ou que je sais manquant. Ce serait à cause d’elle ? A cause de cette nuit ? Si elle s’est échappée de ma mémoire, elle est en tout cas restée gravée dans celle de Dame Shirogane.

Son corps tremble est j’en suis si surpris que je tendre de frictionner ses épaules pour la calmer. Pourquoi tremble-t-elle ? Elle est connue pour affronter les pires truands de Palema, avoir réglé les affaires les plus atroces de la ville. Comment une nuit de raid peut-elle l’avoir plongée dans cet état ? Nikanor l’aurait ? Non, un sale quart d’heure, c’est une expression trop longue pour le porc dont je me souviens. Mais alors quoi ? Surement quelque chose d’assez grave pour que je sois intervenu, même en sachant que c’était un flic.

Tu ne voulais pas sauver une poucave mais tu te refusais à abandonner une femme en détresse. Nous nous sommes retrouvé alliés bon gré mal gré pour sortir de cet enfer et finalement, nous avons tous deux atteints nos objectifs. Tu avais quasiment détruit le Jackals, les Teeths ont décimés les hommes de main venus nous déloger au Goliath et moi j'ai fait arrêter Nikanor et sauvé sa dernière victime.

Ça je l’ai lu, et les Teeth m’ont raconté, non sans rires, comment ils sont intervenu pour sauver le fournisseur piégé comme un rat dans sa boutique et sa fliquette. Comment ils avaient fini le travail, comment ils avaient hésité à canarder celui qui a déboulé aussi sec et comment ils sont finalement partis alors que je finissais de garder le témoin utile en vie. Pour eux c’était un gars. Comme pour tout le monde. Et pourtant pas pour moi.

Nous ne nous sommes rien épargnés. Coups, blessures, mots, remarques. Nous nous sommes mutuellement blessés, malmenés, frappés, profondément détestés, sans doute même haï. Mais à notre façon, nous avons aussi tentés de protéger l'autre. Tu m'as soigné un minimum là où j'ai tout fait pour que la police ne te retienne pas.
J'ai malgré tout passé plus de 3 semaines à l'hôpital, manquant d'y laisser mes pieds alors que mes collègues n'ont guère suivis mes consignes.


Je lève un sourcil, sceptique. Je n’ai jamais suscité la compassion de mes semblables, et pas non plus celle des innocents, de par mon métier. Et pour les flics, c’est presque normal qu’ils m’attaquent, m’insultent et m’accusent. Pas étonnant que même avec ses consignes, le naturel ait pris le dessus. Theo, le doc’ du quartier Sud, m’a dit qu’il a passé une matinée entière à me retaper. Si elle de son côté était blessée au point de risquer l’amputation, c’est que j’ai vraiment foiré cette mission du côté humain. Mais si on se détestait à ce moment…

Tout aurait dû s'arrêter là mais tu avais pris des photos. De quoi faire couler définitivement cette ordure mais aussi certaines de moi. Entre ses griffes. Et quand je suis sortie de l’hôpital, tu m'as envoyé un courrier. Tu acceptais de me rendre ces images et de les faire disparaître définitivement, mais à une seule condition.
'Si Cendrillon acceptait de suivre le Voleur dans un vrai bal'...


Le français me perturbe un peu plus. Moi ? C’est moi qui l’ai invitée ? Pourquoi ? Il me manque des informations ou alors je n’étais vraiment pas dans mon état normal. La fièvre ? Un esprit de vengeance ? De culpabilité pour ne l’avoir pas assez protégée, toute flique qu’elle était ? Un ordre de Boss ? Le mur est là, blanc, opaque et sans la moindre faille. Je peux le faire s'effondrer, mais ne serait-ce pas plus simple de peindre dessus, de la laisser peindre les souvenirs qui ne me reviennent pas ? Laisser ma vie en morceau trouver un semblant de sens, même un faux ou un mauvais ? Et faire comme si tout était vrai? Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Pourrait-elle sourire, trembler, et me fixer droit dans les yeux ainsi en déballant un mensonge éhonté ? C’est aussi probable que ça pourrait être inventé. Et je ne sais pas si je veux y croire ou non, pour le moment, je veux juste tout entendre.

E-Et qu’est-ce qui s’est passé après ? Où est-ce que je t’ai emmenée ?





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 10 Juin 2018 - 14:09
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E-Et qu’est-ce qui s’est passé après ? Où est-ce que je t’ai emmenée ?  

"- La foire de Little River..." 

Mon regard se perd dans les cieux gris annonçant de la pluie. Cette soirée était une grande première pour moi, dans tous les sens du terme. Et aujourd'hui encore, elle garde une saveur si particulièrement à mon coeur. Je lâche un profond soupir avant de reprendre mon récit. D'une voix calme et posée.

"- Tu es passé me prendre à la porte de l'agence et nous nous y sommes rendus dans ta Chevrolet. Je n'avais jamais fait de telle sortie alors, un peu perdue, je me suis laissée guider. Un stand de chamboule-tout et un de tir à la carabine nous ont fait repartir chacun avec une énorme peluche comme lot. Puis il y a eu la Maison du rire et une pause snack, où tu m'as appris que tu nous avais inscrit à un concours de danse, ensemble. "

Rien que d'y repenser, cela me ferait presque rire. Je n'en menais tellement pas large à ce moment. J'ai tout tenté pour que tu change d'avis mais non, rien à faire. Tu m'as appris les bases de la valse et nous sommes venus danser au milieu de cette foule d'inconnus. Les yeux fermés, j'entend encore la mélodie nous envelopper alors que le speaker annonçait les résultats. Nous avions gagnés là où je ne comptais même pas participer.

"- Nous avons remporté un prix d'honneur pour cette valse et tu nous as fait monter dans la grande roue, qui s'est immobilisée en l'air pour nous offrir un point de vue imprenable sur la foire et ses environs. Ainsi que sur le feu d'artifice qui commençait. Qui m'a aussitôt fasciné et que je n'ai quitté des yeux que quand... tu es venu m'embrasser...  "

Un instant, je sens les larmes monter à mes yeux mais je les chasse de mon mieux. Non, je ne pleurerais pas, même si c'est de joie. Cet instant magique, il me l'avait offert sans rien savoir de moi. Encore aujourd'hui, je lui en suis sincèrement reconnaissante. Mais devoir le lui raconter est à la fois cocasse et douloureux. Comment peut-il avoir vraiment tout oublié de nos souvenirs communs alors que le reste lui est revenu? Je quitte le paysage pour laisser mon regard encore humide et un brin ému venir croiser le sien.  

"- C'était ta vengeance, me forcer à me montrer telle que j'étais réellement et non comme je me faisais paraître. Me faire assumer le fait d'être une femme et me permettre de relâcher cette pression que je m'imposais sans cesse quitte à en finir désespérée. Et tu as réussi ton coup.
Je suis devenue Princesse cette nuit-là, mais pour une seule personne. Un voleur comme toi..."


Mes doigts se sont tendus pour venir chercher les siens mais je suspens mon geste avant de prendre une toute autre direction. Cette fois, ils saisissent mon téléphone alors que je lance une musique sur ce dernier. Cette valse, la seule que j'ai jamais dansé.


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 24 Juin 2018 - 15:01
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Comme un air de déjà-vu

Little River. Je me souviens de ce petit village, à la périphérie de la ville. Sage, clame, discret. Un parfait échappatoire pour moi. Et j’aimais aller à ces nombreuses fêtes. Celle des fleurs, des écoles locales qui animait la bourgade entière, celle des vendanges, et les foires aux vins de l’été, les foires aux pommes, les brocantes. Et la grande fête foraine, si belle, joyeuse et pourtant tranquille dans les nuits d’été où sa musique résonnait, les mêmes nuits où les gangs s’arrachaient la gorge à quelques kilomètres à peine. Le comité d’organisation mettait toujours beaucoup d’efforts dans les lumières qui se reflètent si joliment dans l’eau des canaux qui traversent la ville. On aurait pu appeler ce hameau Little Amsterdam.

Mes échappées font partie de mes secrets bien gardés et surtout jamais partagés. Little River était à moi seul, et les gars, Will ou même les filles ne la connaissent pas. J’y allais toujours seul. Pourquoi ai-je fait une exception, pourquoi pour elle ? Je m’interroge sur la mission du Jackals, sur ce qui a pu s’y produire qui m’ait fait ainsi sortir de ma réserve aussi naturelle que nécessaire. M’a-t-elle forcé, comme elle me force à parler ? S’est-elle emparée de tous mes secrets ? Je n’étais qu’un pion de mon gang, mais sachant que je suis mort en tant que Chef de clan, je me demande si ce n’est pas de son fait, si elle n’a pas tout fait… Mais pourquoi ? Pour se retrouver seule avec deux enfants d’un gangster à la manque ?

Tu es passé me prendre à la porte de l'agence et nous nous y sommes rendus dans ta Chevrolet. Je n'avais jamais fait de telle sortie alors, un peu perdue, je me suis laissée guider. Un stand de chamboule-tout et un de tir à la carabine nous ont fait repartir chacun avec une énorme peluche comme lot. Puis il y a eu la Maison du rire et une pause snack, où tu m'as appris que tu nous avais inscrit à un concours de danse, ensemble.

La danse non plus n’est pas quelque chose de cohérent. Je ne suis pas féru de danse. J’ai appris, à mon internat de bourges, entre deux cours de bonnes manières ou d’équitation, ce genre de savoir-être nécessaire quand on est un grand de ce monde. Je ne m’y appliquais pas vraiment, mais aux dires de mes professeurs, c’était inné, et ça me faisait doucement rire. Je ne mers plus vraiment de la manière de servir le thé à quelqu’un selon son titre ou sa condition. J’ai juste gardé l’étiquette d’un gentleman, pour ne jamais manquer de respect à une femme. De là à faire danser une flique, il y a un monde. Je n’aime pas danser, et dans mon souvenir, les concours de Little River exigeait une valse lente, affectionnée par les vieux candidats qui s’y pressaient. Encore, les attractions, c’est bien mon genre, mais la danse ? C’était mon idée selon elle, et pourtant je n’en comprends pas plus la logique que le reste du récit qu’elle me conte.

Mais je l’écoute toujours, peut-être pour y croire un peu, ou comme une simple distraction à ce malaise, cette douleur que sa présence génère et qui me parcourt le corps entier, me faisant tressaillir d’être si près d’elle. Ou peut-être trop loin ? Je n’en sais plus rien. C’est confus et dans ce brouillard, c’est sa voix qui prime, marquée par ce sourire éénigmatique, par ces larmes que je n’arrive pas à traduire.

Nous avons remporté un prix d'honneur pour cette valse et tu nous as fait monter dans la grande roue, qui s'est immobilisée en l'air pour nous offrir un point de vue imprenable sur la foire et ses environs. Ainsi que sur le feu d'artifice qui commençait. Qui m'a aussitôt fasciné et que je n'ai quitté des yeux que quand... tu es venu m'embrasser...  

C’est romantique. Ridiculement romantique. Trop pour venir de moi. Même en étant un gentleman d’apparence, je ne suis pas si… attentionné, et pas si doué en amour. Je suis même un fiasco en amour, si je me rappelle de mes histoires d’adolescent, de garçon facile et sans valeur. Je ne fais attention qu’aux armes, et aux informations utiles au Clan. Je ne faisais attention qu’à la destruction des Ombres une fois Nephil, comme maintenant. Tuer, détruire, et menacer. Créer, mais seulement des objets de mort et de douleur, et les utiliser sur des adversaires de mes maîtres ou de mes clients.

Et elle alors ? Comment aurait-elle appris pour Little River ? Est-ce un coup monté ? Une manipulation ? Un jeu de hasard ? Pourquoi aurais-je fait tout ça ? Boss m’en avait donné l’autorisation ? L’ordre ? Devais-je la séduire et feindre l’amour ? Boss voulait-il l’influence de ses parents ? Ou ses capacités à elle ? Il m’aurait demandé de la corrompre ? C’est contre mes principes de galanterie, mais si c’était un ordre de Boss, mes principes auraient été foulés sans scrupules. Et peut-être, comme elle le dit, aurais-je satisfait une vengeance.

C'était ta vengeance, me forcer à me montrer telle que j'étais réellement et non comme je me faisais paraître. Me faire assumer le fait d'être une femme et me permettre de relâcher cette pression que je m'imposais sans cesse quitte à en finir désespérée. Et tu as réussi ton coup.
Je suis devenue Princesse cette nuit-là, mais pour une seule personne. Un voleur comme toi...


Ma respiration n’est pas calmée et je respire difficilement, faisant des gestes incontrôlés, comme si je perdais à chaque instant l’équilibre fragile. Je réprime avec peine l’envie de me lever et fuir mais je me force a rester. Je recule le buste quand je la vois bouger, mais je maitrise assez le reste de mon corps pour qu’il ne bouge pas. Ses doigts m’effraient et quand elle change son geste je sens un étrange malaise en moi. La musique d’une valse se lance dans la pièce. Couvrant la musique qui pulse en bas. Je la connais, et c’est bien celle de Little River, la même depuis des années, dont le rythme peut changer tout en gardant une jolie mélodie.

Je garde le silence en écoutant cet air familier. Rien n’a de sens, tout est contraire à l’homme que j’étais, dont je me souviens. C’est impensable, incroyable. Mais comment peut-elle inventer tout ça, avec ce regard et ce sourire ? Comment se fait-il qu’en me persuadant que c’est faux, je n’arrive pas à me détacher cette histoire de la tête maintenant qu’elle l’y a mise ? J’ai l’impression d’être un marmot, écoutant un joli conte et qui espère qu’il devienne réalité, alors même qu’il sait que la  fin ne sera pas heureuse.

Raconte-moi ce qui s’est passé après. On s’est embrassés et après ? Tu as accepté de… On est sortis ensemble ? Comment ?

Ouais, un vrai môme.





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 24 Juin 2018 - 18:19
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Raconte-moi ce qui s’est passé après. On s’est embrassés et après ? Tu as accepté de… On est sortis ensemble ? Comment ?  

"- ... " 

Non. Cela suffit, restons-là. C'est ce que je devrais dire. A quoi bon continuer à venir nous faire mutuellement souffrir de la sorte? Lui ne se souvient de rien et même avec tout ça, je doute qu'il accepte de me croire. Quand à moi, je ne veux pas que ces souvenirs qui me restent si chers et précieux se retrouvent entachés par un quelconque récit. Tout son être réclame la fuite, je le lis autant dans son attitude que dans ses yeux. Alors, si pour une fois, une seule et unique fois, je pensais égoïstement à moi et à me protéger, même de lui?

"- C'est moi qui... t'ai invité. L'inauguration du bassin aux requins de l'Aquarium de la ville. De nouveau, tu m'avais tout envoyé : robe, chaussures et accessoires. J'ai tout porté, étant ainsi méconnaissable aux yeux des gens qui ne savaient voir que le 'Petit prince'. Là, j'étais juste Naoto, en compagnie de David.
De nouveau, tu es passé me prendre et nous avons commencés par visiter l'Aquarium avant que l'heure de l'inauguration officielle n'arrive."


Je me souviens de ses mimiques devant les carpes, de l'échange étrange avec le pingouin dans le coin arctique, de son malaise léger au niveau des crocodiles, de cette chasse à la sirène au milieu des poissons tropicaux, de la France et de ses années d'internat qu'il évoquait pour la première fois, de mon récit à propos de mon mariage arrangé que j'avais fait annulé, de tous ces légères confidences sans véritable importance que nous nous offrions au détour d'un bassin ou devant un nouveau locataire des lieux. De cette peur qui m'avait saisi lorsque je lui avais avoué avoir peur que nous finissions séparés, contre nos volontés...

"- Les poissons d'eau douce, les reptiles tropicaux, la zone arctique, la galerie des poissons des mers chaudes, le bassin tactile ou tu as manqué de nous faire rentrer tous les deux... Nous avons tout vu avant de rejoindre une alcôve en hauteur pour enfin assister au lever du rideau. Et à l'apparition des différents requins, tu es resté comme hypnotisé par le grand requin blanc. Jusqu'à ce que ces derniers s'agitent et que je ne la repère au sol. Cette Ombre immense...  "

Mon kekkaï qui se lève, ma surprise, ta résignation, nos mots échangés avant que nous ne nous jetions dans la bagarre. Mon regard qui était simplement fixé sur le paysage extérieur se baisse alors que je serre les poings. Je revois toute la scène, en venant à en ressentir la même frayeur, les mêmes douleurs également. Je me mords la lèvre alors que je lutte contre les larmes si proches. Parce que je sais que finalement, le pire est encore à venir. Le combat fut certes très rude mais rien n'est plus douloureux que la réalité. Et sa vérité.  

"- Elle était terriblement puissante. Tu as traversé une porte vitrée après avoir été gravement blessé au flanc. Seul le sacrifice de ma Persona me permis de ne pas mourir sous ses coups. Tu l'as achevé avant de me viser, prêt à faire feu. A cet instant.... J'ai espéré que tu le fasses mais... Nous sommes remontés nous cacher et nous soignés tant bien que mal. Tu m'as laissé partir malgré que... nous soyons ennemis révélés, destinés à nous entre-tuer.
Mais je n'ai pas su quitter ce parking avant que tu ne m'ai rejointe..."


Les larmes, le sang, la peur, la douleur, nos camps opposés, rien n'a suffit. Tu ne l'as pas dit mais j'avais déjà compris. Il était trop tard pour nous deux. Un léger sourire idiot se peint sur mon visage. Cette étreinte, ce baiser, tout cela avait un gout si particulier, si puissant. Mais il nous restait encore tant à faire, au moins pour survivre. Aussi, cet instant d'éternité n'a pas duré, loin de là.

"- Je t'ai emmené à la Clinique du Sud où ton ex, Brooke, est venue te soigner. Mais ton cas était trop sérieux et elle a fait appel à votre Commandant, Ashlan Zeroh, pour te sauver et te ramener chez les Nephils. A peine auscultée, j'ai filé de mon côté, te laissant au bon soin des tiens tandis que je me remettrais du mien.
Cette fois, j'étais persuadée que tout était terminé, pour de bon. Même si je m'étais bercée d'illusions, je savais que nous ne pouvions rien contre cette réalité. Tu étais un Nephil et moi une Seraph. Des ennemis mortels et rien de plus..."


Mes doigts viennent jouer avec l'alliance à mon doigt. Celle qu'il a forgé de ses mains pour m'offrir ce symbole à la hauteur de notre amour. Unique, inaltérable. Mon regard est revenu cherché le sien, comme pour espérer y déceler comme une lueur différente, un indice que mes mots viennent doucement réveiller sa mémoire. Ne me laisse pas seule dépositaire de notre amour alors que tu te trouves ainsi face à moi. Tu ne peux être coupable d'une telle cruauté, n'est-ce pas?


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Mer 8 Aoû 2018 - 13:31
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Comme un air de déjà-vu

Elle hésite puis reprend, et à nouveau, je me laisse emporté par son histoire, si invraisemblable, si loin de qui je suis, et pourtant que j’aimerais un peu être. Quand elle parle, ses yeux brillent, ses larmes roulent, mais son sourire est là. J’aimerais en être la raison, sans même que je comprenne pourquoi. Je me suis toujours contenté d’être le petit fournisseur, au fond d’une rue sombre au sud de Palema, à vendre des armes comme on vendrait des jouets à l’Est ou des bijoux au Nord. Je n’avais pas de raison de m’attacher à une femme, encore moins à une flique. Alors peut-être, peut-être, a-t-elle raison. Peut-être suis-je tombé amoureux.

Le contre de fée continue à l’Aquarium de Palema. Elle me décrit comme un voleur mimant les manières d’un prince. Et elle est le prince devenu princesse. Je ne me reconnais pas plus qu’avant, mais les poings serrés sur mes genoux pour les empêcher de bouger, pour maintenir ma position accroupie devant elle, j’écoute avec toute l’attention qu’il me reste. Et comme dans les contes, les péripéties arrivent et s’enchaînent. Une Ombre. Que j’aurais tué avant de la viser elle. Mais ne disait-elle pas que je l’aimais ? alors pourquoi je l’ai visée ? et pourquoi voulait-elle que je tire ? Et pourquoi si j’étais prêt à tirer, je ne l’ai pas fait ? Pourquoi ensuite la laisser partir pour la rejoindre ? Je ne crois pas me souvenir, pas une seule fois, d’avoir visé sans aussitôt tirer sur un ennemi. Ce… ça n’a pas de sens. Rien de ce qu’elle dit n’a de sens.

Mais plus encore.

Je t'ai emmené à la Clinique du Sud où ton ex, Brooke, est venue te soigner.

… Qui ?

Brook. Brook… Ce nom ne m’évoque rien. Elle continue l’histoire, et je ne suis pas vraiment. Ashlan me revient en mémoire, je me souviens qu’il était le bras droit de l’Elu, et qu’il est mort depuis. Il avait fait partie d’un gang dans son passé, et il acceptait ma situation en me disant simplement de faire attention. Mais cette… ex ? Je n’ai pas eu de relation de ce genre depuis mon arrivée à Palema. Et rien ne me revient, pas plus son nom complet que son visage.

Des ennemis mortels et rien de plus…

Ces mots me ramènent à la réalité de la situation. Rien de ce qu’elle m’a dit ne me revient en mémoire, et nous sommes de factions opposés. J’aurais pu croire qu’elle s’amuse juste de moi avant de finir par me tuer, mais son sourire n’est pas feint à mes yeux, et plus encore…

Mais alors… les enfants, et, et…

Je balbutie, alors je préfère serrer les lèvres. Mais mes yeux tombent sur ses doigts. Son histoire est lié au bijou qu’elle porte. A moi aussi ? Son regard transperce le mien comme si elle sondait mon âme, et je recule la tête rien qu’en le croisant. Elle m’effraie, et me fascine, mais je ne comprends rien. Si j’avais été dans cette situation, la femme que j’aime m’échappant, se révélant être une ennemie que je devrais combattre, qu’aurais-je fait ? Quelle voie aurais-je sincèrement suivie ?

J-Je n’ai pas abandonné, c’est ça ?

Si son histoire est vraie, si elle est vraiment tombée amoureuse de moi, si… surtout si a été capable de faire battre mon cœur comme il le fait maintenant, à m’en rendre malade, je crois bien que je… Oui, je n’aurais pas hésité, et je l’aurais revue, je serais resté avec elle. Même en cachette, même à la dérobée, j’aurais vraiment cherché à l’aimer. Envers et contre tout, envers et contre tous.





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Ven 10 Aoû 2018 - 10:55
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Mais alors… les enfants, et, et… 

"- Ce n'était pas prévu, encore moins qu'ils soient deux mais... Ce sont nos enfants... " 

Et si je ne nierais pas de craindre encore tant à leur sujet, je ne regrette pas d'avoir acceptée de les garder. Son sourire à ce moment, ses gestes et ses mots, autant à leurs égards qu'au mien, qu'ils soient nouveaux nés ou encore invisibles et cachés sous ma peau. Ces instants hors du temps, ces moments de bonheur simplement à nous et volés à cette réalité trop cruelle, ils n'ont pas de prix. Encore aujourd'hui, ils sont ce qui me tient debout et me font avancer. J'ai tout sacrifié pour eux et si je devais recommencer, je le ferais. Pour eux et pour lui aussi.

J-Je n’ai pas abandonné, c’est ça ?  

"- Jamais...
Et moi qui ait toujours été si seule, à me battre envers et contre tout, j'ai découvert qu'il y avait aussi quelqu'un de prêt à le faire pour moi. Alors merci, de m'avoir offert ça..."


Mes mots sont sincères et l'émotion me serre la gorge. Je crois que ces mots, il y a longtemps que j'aurais voulu réussir à les lui dire. Sans doute le savait-il mais aujourd'hui, je les lui ai réellement offert et c’est à la fois un soulagement et une douleur nouvelle. Mon coeur souhaite tant retrouver le David qu'il a tant aimé, pour qui il a tout donné mais... Cet homme est mort. Même si c'est bien lui qui se trouve devant moi, son âme elle n'est pas revenue. Sinon, il saurait, il n'aurait pas pu oublier. Et ce constat me fait mal, si profondément que je ne parviens pas à retenir mes larmes.

Ça suffit maintenant Naoto! Vous avez bien assez souffert, tous les deux. Encore une fois, tu as espéré mais en vain. Alors met fin à ce supplice avant qu'il ne soit trop tard. Doucement, ma main se lève et avance, comme mue par une volonté qui me dépasse. Du bout des doigts, je viens effleurer sa joue, cherchant à retrouver sa chaleur gravée encore au creux de ma peau. Ma main caresse un instant son visage, mon regard humide souriant malgré tout. Oui, je t'aime toujours autant moi, même si tu ne t'en souviens pas.

"- S'il te plait... Juste un instant, encore...
Après, tu seras libre..."


De choisir de m'oublier, de refaire ta vie loin de nous, de reprendre ton existence là ou elle t'a été prise sans que je n'y ai plus la moindre place. J'accepterais, je ferais avec, je saurais composer et me débrouiller en demeurant l'unique gardienne de toute cette vérité. Mais seulement dans une seconde. Après ça. Je sens que mes doigts tremblent légèrement contre sa joue alors que je me rapproche encore, lentement, venant même fermer les yeux alors que je sens son souffle et le mien se mêler avant que je ne vienne l'embrasser.

Je ne peux retenir cet élan de mon coeur et déjà, mes lèvres sont venues simplement se poser contre les siennes, pour y chercher ce parfum si particulier qui n'appartient qu'à nous. Parce que j'en ai besoin, parce que j'en meurs d'envie, parce que je veux encore ne serait-ce qu'une seconde me noyer dans nos souvenirs quitte à en souffrir encore davantage par la suite. Je n'avais pas pu te dire au revoir la dernière fois alors laisse-moi faire les choses bien au moins une fois, même s'il est trop tard.


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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 16 Sep 2018 - 15:03
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Les enfants n’étaient pas prévus. Mais pourquoi ne pas les avoir avortés ? Pourquoi les garder ? Nos enfants. Ça semble tout expliquer, mais ça ne m’explique rien d’autres que la liaison que nous aurions entretenu. Une liaison puissante, passionnée. L’histoire de Boss et ma mère me passe en tête et là encore, moi qui sais ce que provoque les amours irréfléchies, comment ai-je pu aller si loin, si mal dans cette histoire ? Comment en est-on arrivé là ? Mais là réponse est vite donné.

Jamais. Je n’ai jamais abandonné. J’ai aimé en dehors de tous les ordres, de toutes les bienséances, envers et contre tout. J’ai tenu pour elle. Pour eux aussi. J’ai pris ces risques, et contre tout, j’ai décidé d’aimer cette femme.

Et moi qui ait toujours été si seule, à me battre envers et contre tout, j'ai découvert qu'il y avait aussi quelqu'un de prêt à le faire pour moi. Alors merci, de m'avoir offert ça...

Je serre les dents. Pourquoi me remercier ? Elle était la femme que j’aimais ? Mais nous sommes ennemis, en tout point opposés outre cette solitude qu’elle me renvoie au visage, qui venant d’elle est insupportable.

Mais je suis mort et maintenant je ne me rappelle de rien. Et ton histoire finit en tragédie parce que rien ne me revient. Je veux y croire, mais je ne devais jamais être comme ça. Mon… Mon père a fait l’erreur d’aimer une femme qu’il ne devait pas. D’avoir un enfant d’elle. Il a condamné cette femme, son enfant, et aujourd’hui, il est mort. Et…

Une larme roule sur ma joue. Et je suis le même imbécile. J’ai aimé une femme qui n’était pas de mon monde, que je ne devais pas approcher, je me suis bercé d’illusions, et je suis mort. La voilà seule, en deuil, avec deux enfants qui ne connaitront pas plus leur père que j’ai connu le mien. Que je sois revenu ne change rien, car rien ne me rend les souvenirs qu’elle chérit tant. Elle m’a parlé, a ouvert son cœur et ses souvenirs, mais rien ne fait écho en moi. Si c’est un mensonge, je suis d’autant plus faible et Gabriel n’a choisit qu’un idiot. Et si c’est vrai, c’est encore pire.

S'il te plait... Juste un instant, encore...
Après, tu seras libre...


Sa main se pose sur moi, et je me tétanise. Même ce geste est trop familier pour mon corps, comme une vieille sensation que je retrouve. Ma larme disparait sous ses doigts fébriles. Son visage ne décrit rien que je ne comprenne. Une lourde tristesse, une nostalgie, quelque chose qui veut tout dire, mais que je ne sais pas dire. Mes muscles sont trop tendus pour pouvoir esquisser le moindre mouvement de recul. Je sens son souffle sur mes lèvres, et la vie qu’il porte couvre ma peau de chair de poule.

Un baiser, tendre, doux, presque supplié des lèvres, et tout mon être me brûle. Je me sens comme près de flammes ardentes, une culpabilité, une douleur dans le dos, une déception, et tout ce qui suis file trop vite pour que j’en saisisse tout, même avec mon pouvoir actif. J’ai mal, j’ai peur, je suis en rage, je suis désespéré, je sens beaucoup de sensations déplaisantes à douloureuses, je sens une fatigue, puis une colère, une peine immense. Mais mêlés ces sensations, je sens une motivation, une paix, une joie que je dois pas avoir jamais connue. A la douleur de mon corps se rajoute une détente totale, un plaisir fou, une adrénaline impossible. Au-dessus de tout ça, je le ressens. Cet amour qu’elle décrit. Celui que je devais ressentir avant de mourir, avant d’oublier. J’ai l’impression d’exploser de l’intérieur mais je ne veux pas que ça finisse. C’est trop puissant pour que je puisse encaisser, mais je ne fuis pas. Ce baiser a le gout d’un millier d’autres que j’ai tous aimés, comme j’ai aimé ces lèvres qui me les a donnés, où je les ai offerts, pris, volés, quémandés, comme j’ai aimé ce visage si précieux où mes doigts viennent en retracer les traits chéris. Comme j’ai aimé cette femme, entièrement, complètement, follement. Comme je l’aime toujours aujourd’hui.

Mais nos lèvres se séparent et tout s’évapore, comme un rêve fugace. Je sais que j’ai ressenti tout cela. La douleur me parcourt encore le dos, et meurt dans ma poitrine. L’amour qui la soulevait fait encore battre mon cœur. Les sentiments qui m’agitaient la tête me laisse un léger vertige. Mais ce sont à nouveau des vestiges, comme si ce n’était déjà plus les miens. Mes doigts sur sa tempe reviennent contre ma bouche. C’était quoi, ça ? Pourquoi et comment c’est arrivé ? Pourquoi c’est parti ?

J’ai bien un sentiment qui reste. La peur. Bêtement je dis à voix haute.

J’ai pas compris.

Mais ma seule idée, c’est de fuir. Si je ne m’enfuis pas, je ne sais pas ce que je ferais. Je trébuche mais atteins la porte de sortie et je dévale les couloirs et les escaliers. De l’air, de l’espace. J’étouffe. Gabriel me croise mais je l’esquive et continue. Un seul endroit me vient en tête : le cimetière. J’ai besoin de me vider la tête, peut-être en trouvant des Ombres à proximité, ou simplement dans le calme du lieux. J’ai fui sans réfléchir mais je ne pense pas un seul instant à faire demi-tour. Hors d’haleine, j’arrive au cimetière vide. Là seulement, je regarde derrière moi, la main sur les lèvres.

J’ai pas compris.





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MessageSujet: Re: [Le "Hungry Jackal"] Comme un air de déjà vu   Dim 16 Sep 2018 - 17:00
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Un instant, ce fut comme si le monde entier avait disparu. Ce moment à un parfum d'éternité qui vient faire s'emballer mon coeur comme jamais. Rien qu'une seconde, j'ai l'impression de toucher du doigt de nouveau cette bulle qui n'existait que pour nous, nous portant loin de tout et tous. Ces doigts qui viennent s'attarder sur mon visage me tirent même un frisson dont je me délecte alors que mon âme entière frémit de ce contact, mon cœur se mettant à espérer soudainnement que ce moment ne prendrait jamais fin.

Pourtant, malgré mon envie démesurée de demeurer simplement ainsi, juste ensemble comme dans ces souvenirs si chers, je me fais violence pour venir séparer nos souffles. Il me faut toute ma volonté pour ne pas revenir déjà goûter à ses lèvres et mes paupières qui se rouvrent ne peuvent rater le trouble qui l'agite. Ni ce geste qui lui échappe, à la fois surprenant de sa part et très touchant également. M'en rappelant un autre, dans d'autres conditions. Comme issu d'une vie ou presque.

J’ai pas compris.

"- ..."

Je n'ai pas le temps de bouger que lui est déjà en mouvement. Je l'observe fuir sans bouger, m'inquiétant de le voir trébucher mais déjà, sa silhouette disparaît derrière la porte, dans un son de cavalcade qui traduit son empressement à vouloir quitter les lieux. Et à s'éloigner de moi. A cette pensée, je sens mes larmes remonter à mes yeux tandis que mes jambes me portent jusqu'au siège le plus proche sur lequel je me laisse complètement tomber. Mes mains venues soutenir ma tête, je laisse mes yeux se vider le long de mes joues, encore frémissantes du passage de ses doigts.

"- ... Adieu, David .... "

Voilà, cette fois, c'est terminé. Il a fait son choix et je le respecterais. Il n'a plus besoin de moi, libéré de tout ce que nous avons partagé alors, je ne serais pas égoïste au point de souhaiter son retour auprès de moi. La vie lui offre une seconde chance alors, qu'il en profite. Le savoir en vie me suffira. Enfin, je saurais m'en contenter. Bientôt. Dès que mon coeur aura cesser de marteler ma poitrine à ce point et que la douleur se sera retirée.

J'entend les pas de Gabriel et si je parviens à me redresser un peu, c'est tout ce que je pourrais faire. Je me lève pour me tenir devant la fenêtre et rester dos au Nephil. Ma voix pourra faire illusion, ma stature aussi mais pas mon regard. Je le remercie pour cette entrevue, m'excuse du départ précipité de son 'camarade' avant de prendre congé à mon tour. Et de partir par le toit pour rejoindre la rue par l'escalier de service, sans lui laisser le temps de m'interroger. Il pourra toujours me contacter si besoin mais pas ce soir.

Finalement, on peut le dire. La boucle est bouclée. Cette fois, le Hungry Jackal aura vu la fin de ce qu'il a vu commencer. a savoir, notre tragédie ...


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