Un mystérieux petit animal croise votre route : Je souhaite que tu passes un contrat avec moi. En échange, j'exaucerais n'importe lequel de tes voeux.
 

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 [Agence Collins] Le souvenir d'un canon

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MessageSujet: [Agence Collins] Le souvenir d'un canon   Lun 29 Jan 2018 - 19:44
Notting Hill Coffee
L'agence Collins, anciennement appelé Agence Blake, se trouve dans une rue à côté d'un bar, la rue en elle-même est plutôt propre si on se base sur les critères des rues habituelles du Quartier Sud. L'agence se situe au bas d'un immeuble d'habitation. Juste à côté de celui-ci, l'agence apparait très petite. L'intérieur se compose de trois pièces, une pièce large directement en franchissement la porte d'entrée qui sert d'accueil aux clients, canapé pour eux, fauteuil pour le professionnel avec une table basse les séparant. L'arrière est composé de deux pièces. L'une relativement large contient une cuisine de fortune, un lit une place est entreposé de l'autre côté. Enfin, la dernière pièce est ni plus ni moins que la salle d'eau de l'agence. Les toilettes sont proches de l'entrée.


J’me demande depuis combien de temps je poiraute derrière cette porte. Une heure, peut-être – pas plus de deux, j’espère. Et ça, même si rien ne me retient de la franchir, et de parler ; faut dire, j’en ai franchis des seuils, dans ma vie. Des matériels comme des allégoriques, sans jamais hésiter … Sauf aujourd’hui.
Parce qu’à chaque fois que j’approche mon poing du bois, je revois son canon rivé son crâne. Pas l’image d’Isabella qui se sacrifie pour me sauver, ni même celle de son regard sans volonté ; juste, purement, le canon de son arme, prêt à me tuer.
Et cette vision me terrifie, me paralyse. J’aimerais la balayer, arrêter d’y penser. Sauf qu’à chaque fois que je tente, je tremble.

Pourtant, je sais que ce n’est pas lui qui pointé son revolver dans ma direction. Pourtant, je sais que ce ne sont pas ses pupilles absentes qui m’ont fusillé, que l’espace de quelques minutes il n’était subitement plus ici, mais ailleurs, en spectateur.
Pourtant, un vieux réflexe humain à la con me laisse haineux. Comme je l’ai été à l’égard du Major, comme je l’ai déjà été maintes fois ; alors que tout ce que je souhaite, c’est de lui pardonner. Il est tout aussi victime que moi – même, il l’est bien davantage.
Donc, pourquoi est-ce que mes putains de sentiments continuent à s’acharner sur son image, à la déformer comme s’il était un dément et un traître ?

Ce qu’il est, c’est mon ami. Le plus fidèle, le plus profond, le plus sage. Celui à qui j’ai toujours tout révélé, celui à qui j’ai confié mes projets les plus absurdes, et qui ne s’est jamais foutu de ma gueule. En fait, c’est la personne en qui j’ai le plus confiance de ce monde de merde, devant même Alice et ma sœur.
Alors, il est hors de question que je continue à ruminer devant cette porte, et il est temps que j’aille mettre les choses au clair. Et s’il faut que je lui aboie n’importe quoi au visage pour ça me calme, que ça le calme, que ça nous réconcilie ; eh bien je le ferais.

Je pousse la porte, débarque dans ses vieux locaux. Je claque la porte derrière moi, avance d’un pas décidé jusqu’à son bureau, plaque mes mains dessus, sans respect pour ses apparats.
Puis, la voix à mi-chemin entre le hurlement et la plainte, je parle. Ou baragouine, peut-être.

« - Salut Russel. »


J’ai failli dire beaucoup plus. Sauf que, comble de l’audace, je n’y suis pas parvenu.

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N-Elu
MessageSujet: Re: [Agence Collins] Le souvenir d'un canon   Lun 29 Jan 2018 - 23:53
Cette scène se répète sans cesse. Cette vision, il se sentait comme lacinié de l'intérieur en repensant à ce qu'il avait fait. Isabella...Elle ne méritait pas mourir ainsi. Elle avait un but, un objectif clair, et savait des choses que l'ivrogne ignorait. Elle était la plus à même de terminer ce monde. Mais la voilà ailleurs, sans aucun moyen de l'atteindre. Il l'avait tué. Cette simple prise de conscience le tourmentait, le torturait même. Néanmoins, ses yeux si longtemps habitués aux ténèbres de ce monde, ne parvenaient pas à verser une seule larme. Néanmoins, son visage, son expression, sa tenue tout démontrait un homme abattu, qu'on priait d'achever.

Mais il était là, bien vivant, lui le traître. Il a promit de protéger les Nephils, pourtant son arme d'âme était pointé sur eux. Son collègue et ami, au niveau de son viseur. Puis le tir est parti... C'est là qu'elle est apparue. A chaque fois que l'ivrogne était dans une situation critique, elle était là pour le sauver.

Encore sous le choc et en pleine réminiscence de la veille, il fut surprit de voir des mains se poser violemment sur son bureau, instinctivement, il invoqua son arme d'âme, sans pour autant la braquer vers l'origine de ces mains. A contrario, son visage se leva doucement pour apercevoir les traits de son compagnon, John. Son arme d'âme, en bas de son corps, se dissipa naturellement.


"Yo..." Fit-il, détournant ensuite le regard.

Aucun mot ne parvenait à sortir de sa bouche. Honte... Non c'était bien plus que ça. Ils avaient le sentiment d'avoir complètement trahi son allié. Aucun mot ne pouvait expliquer un tel acte. Pour tout avouer, jusqu'à ce jour, il ne sentait pas si différent. Il a juste perdu le contrôle, sans comprendre le pourquoi du comment..? Quoique. Est-ce exacte ? N'avait-il pas cette sensation malsaine que quelque chose n'allait pas avec ses mots ? Comme si quelqu'un parlait pour lui de temps en temps ?


"Cette...chose est toujours en vie ?"

Peut-être qu'elle a reprit possession de son corps, et qu'il ne s'en rend même pas compte ?


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MessageSujet: Re: [Agence Collins] Le souvenir d'un canon   Dim 4 Fév 2018 - 20:20
C’est fou, n’est-ce pas ? Il y a un instant, je jurais être prêt à lui hurler phrases et phrases, jusqu’à ce qu’il en ait la nausée de mes bons sentiments ; et là, une seconde plus tard, je me sens muet comme une carpe. Ou une truite. Ou quoi que ce soit qui ne parle pas, en fait.
Là, dans un cas comme ça, qu’est-ce que je suis censé faire ? Mettre les poings sur les i, certes – mais au sens figuré, ou au propre ? Je dis ça, parce que je suis partagé entre l’envie de lui faire payer ma frayeur, d’y succomber, ou d’oublier et de nous réconforter.
Ouais, dur choix, hein ? Pourtant, faut que j’en fasse un.

Alors, abruti d’hésitations, je lui montre mon dos et entame de vaquer dans la pièce. Oh, tiens, un mur, là. Puis ici aussi, c’est marrant – et vous ne le devinerez jamais, mais il y en a aussi un, là-bas. A croire que je divague. Ou que je gagne du temps, pour lui répondre le plus tard possible.
Oh, et, merde. Je commence à me tourner en ridicule, à jouer ma collégienne transie qui rougit à chaque fois qu’elle entrevoit le minois de sa prétendue âme sœur ; m’enfin, même si le prétexte et la situation n’ont rien à voir, c’est en tout cas la sensation que j’en tire. Celle d’avoir l’air con, quoi.
Allez, je soupire.

« - Non. J’crois pas. Quand t’étais dans le vague, on s’est occupé de sa sale tronche et on l’a renvoyée par chez elle, où que ce soit. T’as plus à t’inquiéter de ça. »

C’est vrai. Voilà, c’est ça qui est vrai. Il n’a plus à avoir peur. Et moi, j’ai plus à avoir peur qu’il ait peur, ou un truc comme ça. C’est tout con, c’est tout. Il faut juste que j’arrête de me prendre la tête, car j’en tire que des réflexions, et mes méninges n’ont jamais fait bon ménage avec ma santé.
J’inspire, j’arrête de me balader aléatoirement. Je retourne lentement sur mes pas, et m’installe, crispé, sur le canapé des clients.

« - Tu sais. Ça, ce qu’il s’est passé … C’est pas ta faute. C’est comme ça qu’elles fonctionnent. Elles prennent et … Elles prennent, encore. Jamais moins. »

Félicitations Théodore Brun, tu viens d’atteindre le seuil critique du zéro en social. Toute une nouvelle dimension de solitude s’offre à toi désormais. Et de glaces seul le samedi soir.
Mes talents à part, je sais ce que je dis. Quand le Major m’a tué, il a aussi emporté son ami, le géant. J’imagine qu’elles font ça à chaque fois – elles viennent, nous hantent, puis nous volent quelque chose de précieux. Des parasites, rien que des parasites.

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N-Elu
MessageSujet: Re: [Agence Collins] Le souvenir d'un canon   Lun 5 Fév 2018 - 14:11
John confirmait le décès de l'ombre. Russel en entendait ça, ignorait s'il se sentait soulagé ou frustré. Frustré pour ne pas avoir pu tuer lui-même cette chose noire. N'y avait-il rien d'autre qu'il aurait pu faire à ce moment là ? Plutôt que se sentir étranger à cette situation, pourquoi n'a-t-il pas tenté de reprendre le contrôle.

Un frisson lui parcourra le corps. Il se souvenait encore de cette sensation, désemparé, impuissant, mais aussi, et c'est sans doute ce qui le terrifiait le plus, indifférant.

Son collègue, dans une tentative de consolation, lui affirmait que ce n'était pas sa faute. Pourtant, l'ivrogne avait le sentiment intangible que c'était sa faute. Et en soi, il n'avait pas tort. Parce qu'il avait été faible psychologiquement, une ombre l'avait possédé. L'expression vide, un sourire moqueur face à l'affirmation de John.


"Pas ma faute..."
Répéta-t-il sans grande conviction.

"Mon corps, mon arme d'âme, mes pouvoirs, mais quand même pas ma faute." Reprit-il d'un ton légèrement plus élevé.

On aurait pu croire que le ton allait encore monter, mais sa voix ne poursuivit pas. Il était en pleine réflexion. Finalement, une phrase sortit de sa bouche, plus lent et saccadé que ses mots précédents.

"Je vais aller voir Juliet et quitter les Nephils."

Le trentenaire n'avait jamais rien apporté à ses proches sauf de la peine. De plus, maintenant qu'Isabella n'était plus... Il n'avait honnêtement plus l'envie de continuer. Lorsque Kratos va l'apprendre, il allait probablement tuer le Nephil. Si ce dernier n'avait pas mis fin à ses jours avant.


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MessageSujet: Re: [Agence Collins] Le souvenir d'un canon   Lun 12 Fév 2018 - 18:30
Ah, ça, non.
J’ai pas grandes certitudes dans ma vie. Pas grandes connaissances, non plus. Mais s’il y a un truc que je sais, c’est que ce gars, il est important. Pas que pour moi, pour tout le monde, en fait.
Il a fait des trucs cons, et des trucs qui le sont sacrément pas. Il a sauvé des vies, pas mal, je pense. Puis, même s’il a un caractère plus têtu qu’une Alice de mauvais poil, il a un bon fond.
Alors, c’est hors de question qu’il quitte les Nephils. Même s’il a voulu me buter, j’suis prêt à passer l’éponge pour qu’il change d’avis.
Et taisez-vous, les langues de vipères. Que ça soit la troisième fois ou non, ça retire rien du côté dramatique et traumatisant de l’affaire.

« - Non. »

Ma voix s’est faite forte. Presque autoritaire, à vrai dire. En tout cas, surprenante – oui, parce que jusqu’aujourd’hui, j’ai jamais osé lui parler comme ça. Une espèce de respect d’élève à professeur, j’crois.
Sauf qu’ici, et maintenant, j’ai besoin d’effacer ça, rien qu’un instant.

« - Ton corps, ton arme, tes pouvoirs, pas ta faute. Crois-moi quand je te dis ça, je suis déjà mort de ça une fois. Quand l’autre, là, Roy Barnes s’est possédé ; il m’a tué, et moi, je l’ai pardonné. Parce que c’est une putain d’Ombre derrière ça, pas lui. Et c’est pareil pour toi. »


Bordel, je suis vraiment incapable de m’exprimer correctement. Va y que je tente de consoler mon meilleur ami, et va y que je suis infoutu de sortir des phrases correctes et cohérentes. Fait chier.
Je frappe son bureau, plus pour moi que contre lui, et je me rassoie. Respire, con.

« - Tu sais que je suis pas doué pour les métaphores, mais j’vais essayer quand même. Quand l’Ombre t’a forcé à me … Tirer dessus, c’était pas moi qu’elle voulait tuer. C’était toi, j’pense. J’sais pas comment te donner un fil logique de tout ça, mais c’est ce que je pense. T’as de la valeur, toi. T’es intelligent, t’es fort, t’es malin. T’es un élément majeur de par chez nous, t’es une pierre angulaire, quoi. Si tu pars, elle aura gagné. Elle aura tout gagné. »

Moi, je suis une pièce sacrifiable – et l’on déjà vu. Pas lui.

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N-Elu
MessageSujet: Re: [Agence Collins] Le souvenir d'un canon   Mar 13 Fév 2018 - 15:39
Le nom de ce Roy Barnes raisonne dans la tête de Russel. Cet homme est devenu possédé et a tué des Nephils, mais il reste toujours présent chez les Nephils. Comment ce Roy le vit ? Il doit se sentir coupable, mais prend sur lui pour avancer malgré tout. Le trentenaire n'avait pas cette force. Il n'avait pas non plus la volonté. Concrètement, il était fatigué de voir des gens proches de lui mourir ou blessé par sa faute. Et le jeune homme avait beau frapper le bureau, seul une légère irritation s'exprima du regard de l'ivrogne.

Néanmoins, ce qui gênait vraiment le Nephil, c'était toute cette admiration non justifié que son camarade lui portait. Des éloges ? Sérieusement ? Après ce qu'il avait fait ? Il a tué Isabella, celle qu'il considérait être une ange descendu du ciel. Celle qui l'avait tant sauvé par le passé. Il l'avait tué comme remerciement. Voilà les faits, voilà ce qu'il n'a pas pu empêcher. Se contentant d'observer la scène d'un œil indifférent. Peut-être que John avait raison, peut-être que c'est ce que l'ombre recherchait...Mais au point où en était Russel, c'était peu important. En réalité, il était même à dire que la créature noire avait parfaitement réussi son coup.


"Ecoute John... Je suis fatigué. J'en ai marre. Je veux juste être seul, qu'on me laisse tranquille. Crois moi, ton amitié, là tout de suite, c'est ce que je trouve le plus difficile à supporter."

Il leva son regard vers John, articulant une nouvelle vague de mot.

"Je ne suis pas ce que tu crois. Je suis faible, indécis, stupide, terrifié."

Ses mains tremblaient. Oui, il avait peur. Une peur de lui-même et des autres. Depuis son contrat, il était effrayé de ce qu'il devenait, de ce qu'il faisait subir aux autres autour de lui. Mais aujourd'hui, cette peur était tout autre. Une peur qui ne réalise pas encore qu'il n'a plus grand chose à perdre. L'alcool, le suicide, tout serait bon pour quitter cette sensation de mal-être qui l'envahissait. Mais voilà, il n'y avait pas que la peur en lui, il y avait autre chose, et il cherchait.


"Alors...Juste... Laisse moi tranquille."


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